Bruxelles (Brussels Morning Newspaper) – Les procureurs belges ont annoncé que plusieurs personnes avaient été arrêtées pour être interrogées en raison de leur implication présumée dans une corruption active au sein du Parlement européen.
Selon le parquet, la police fédérale a procédé à 21 perquisitions en région bruxelloise, ainsi qu’en Flandre, en Wallonie et au Portugal. Le Parlement européen a été secoué par un important scandale de corruption il y a environ trois ans, qui a soulevé la question des pots-de-vin au sein des institutions européennes.
Comment le Parquet européen traite-t-il les affaires de corruption au Parlement européen ?
Plus tôt, en mars, le Parquet européen (EPPO) a également lancé une enquête contre une dizaine d’eurodéputés actuels et anciens sur fond d’allégations de corruption. L’enquête se concentre sur de potentielles irrégularités liées aux salaires et indemnités versés aux assistants de ces parlementaires.
Qu’ont révélé les procureurs belges sur l’enquête ?
Le journal belge francophone Le Soir a rapporté que l’enquête se concentre sur des doutes selon lesquels certains membres du Parlement européen auraient détourné des fonds publics destinés à leurs assistants. L’une des personnalités politiques faisant l’objet d’une enquête est l’eurodéputée grecque Eva Kaili, qui avait déjà été démis de ses fonctions en raison d’allégations de corruption comparables.
Les députés européens belges Vilde Vautmans et Tom Vandendriessche seraient également impliqués dans l’enquête. L’enquête du Parquet européen a révélé une tendance inquiétante à l’augmentation des poursuites pour corruption au sein des institutions européennes, le nombre d’enquêtes étant déposé en 2024 par rapport à l’année précédente.
Une enquête précédente a été menée au cours de laquelle l’OEPP a examiné d’éventuelles anomalies dans les contrats d’achat de vaccins contre le COVID-19 par la Commission européenne. Le Parquet européen a longtemps été critiqué pour ne pas avoir suffisamment enquêté sur les affaires de corruption au sein des institutions européennes, certains doutant de la transparence et de l’efficacité de ses processus.
Que s’est-il passé lors des perquisitions des autorités belges en 2022 ?
En décembre 2022, les autorités belges ont effectué des recherches approfondies à plusieurs endroits et ont saisi une somme importante de 1,5 million d’euros. Il y avait plusieurs acteurs clés dans le scandale, dont l’eurodéputée grecque Eva Kaili, l’ex-eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri, le partenaire de Kaili Francesco Giorgi – qui a travaillé comme assistant au Parlement européen – et le dirigeant d’une ONG Niccolo Figa-Talamanca.
Ces individus ont été accusés d’avoir accepté des pots-de-vin d’un pays du Golfe pour exploiter les conclusions économiques et politiques du Parlement. Même si le nom du Qatar a été évoqué dans cette affaire, l’État du Golfe a catégoriquement rejeté ces allégations. Après une période de détention, toutes les personnes impliquées dans l’affaire, y compris Kaili, ont été libérées sous caution le 14 avril 2023. Cependant, l’enquête menée par le parquet fédéral belge fait l’objet d’une surveillance croissante, certains affirmant qu’elle n’a apporté que peu d’amélioration et qu’elle est dans une impasse.

