Cette phrase glace le sang : « Je ne suis pas sûre d’y arriver encore longtemps. » Elle a été prononcée par une adolescente de 15 ans et est relayée par son père. Ce roman graphique, Le Passage, l’illustrateur Mathieu Persan « aurait préféré ne jamais l’écrire ». Mais il fallait témoigner. Parler autrement de la maladie psychique, « rendre visibles tous ceux que l’on ne veut pas voir, qui ont tendance à disparaître de la société parce que c’est plus pratique de les effacer que de les aider », confie au Monde Mathieu Persan. Et les jeunes sont nombreux à voir leur santé mentale se dégrader. Les chiffres en attestent.
A travers le trait noir et blanc, texte et dessin se complètent. L’humour affleure parfois, pour respirer un peu. « Les mots seuls ne suffisaient pas pour traduire fidèlement les émotions complexes de ma fille », ajoute-t-il. Le livre s’ouvre sur un souvenir traumatique : un appel de la police, un soir d’hiver : « Il faut venir tout de suite. » Fous d’inquiétude, les parents courent, main dans la main, vers un « abysse inconnu ». Leur fille aînée a voulu mettre fin à ses jours. Une détresse jusqu’ici cachée. « Comment se fait-il que, dans la nuit étoilée, elle ne voie plus que le noir infini ? », se demande l’auteur.
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Source:
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