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Le marché du cuir secoué par la guerre au Moyen-Orient

Matériau traditionnel, le cuir sert à la fabrication des vêtements, des chaussures, des sacs, des meubles, mais aussi des sièges de voitures de luxe. Après le trou d’air provoqué par la pandémie du Covid-19, le marché mondial du cuir a connu une forte croissance. Croissance plombée par la guerre au Moyen-Orient, qui a frappé un secteur en pleine mutation.

Matériaux innovants, modes de consommation qui changent, impact environnemental… Les industriels du cuir l’ont bien compris : ils privilégient désormais l’approvisionnement durable et éthique, la transparence des chaînes d’approvisionnement et des réseaux de distribution plus proches du consommateur. Grâce à la demande croissante, le marché mondial des cuirs et peaux brutes pourrait atteindre 178,8 milliards de dollars d’ici 2034.

Une demande croissante, une clientèle fidèle dans les pays du Golfe

L’essor de ces matières premières est soutenu par la maroquinerie. À lui seul, ce secteur représente plus de 566,23 milliards de dollars aujourd’hui et devrait dépasser 982,42 milliards de dollars en 2034. Si l’Inde et la Chine tirent la production mondiale de cuir brut – l’essor de la classe moyenne stimule la demande dans ces pays –, la France et l’Italie restent les leaders de la maroquinerie haut de gamme.

« Les fabricants français travaillent une matière noble, durable et réparable. Et ils le font en France. Nos entreprises ont un savoir-faire nécessaire. C’est la raison pour laquelle les articles français sont extrêmement demandés à l’international. L’image de marque est très forte », affirme Philippe Gilbert, directeur de l’Observatoire économique de l’Alliance France cuir. 

« La France est le quatrième exportateur mondial pour l’ensemble de la production du cuir brut au produit fini, derrière la Chine, le Vietnam et l’Italie », précise l’expert. Les exportations de la filière française ont dépassé 18 milliards d’euros, en 2025, en légère baisse après des années de fortes hausses. Des chiffres obtenus grâce notamment à la demande des clients et des clientes du Golfe.

La filière française reste mobilisée

Un commerce important qui subit un coup d’arrêt avec la guerre au Moyen-Orient. En témoignent les chiffres en recul au premier trimestre de cette année du numéro un mondial du luxe, LVMH. Le groupe, qui détient notamment Louis Vuitton, Dior et Sephora, a vu ses ventes plonger de moitié au Moyen-Orient au cours du seul mois de mars. Son concurrent, le groupe Hermès, est lui aussi pénalisé : son activité dans la région a dégringolé de 40%.

Mais « le secteur est très résilient », souligne le directeur de l’Observatoire économique. La filière française demeure mobilisée et garde les yeux rivés sur l’Asie et les États-Unis, qui restent les moteurs de croissance de ce marché.


Source:

www.rfi.fr