Une effervescence tranquille règne dans les vastes espaces du Centre national du costume et de la scène (CNCS), à Moulins. A quinze jours de l’ouverture de l’exposition « Tous en scène ! », qui va célébrer les 20 ans de ce musée unique au monde, Delphine Pinasa, sa directrice, silhouette ailée d’elfe shakespearien, arpente les couloirs et les salles en chantier de l’ancienne caserne du quartier Villars, réhabilitée en 2006. Des mannequins désossés, dont ne subsistent que les jambes ou le buste, hantent l’espace de leur présence troublante. Un valet en livrée à tête de tigre surgit au détour d’une porte, sentinelle surréaliste.
En vingt ans, le musée de Moulins a fait ses preuves, et s’est imposé à la fois comme un lieu de visite populaire (près de 100 000 visiteurs en 2025), par la splendeur de ses expositions, et comme un centre de recherche et de réflexion sur la valeur patrimoniale du costume de scène, qu’il s’agisse de théâtre, d’opéra, de danse, de cabaret, de musique ou de cirque. Un patrimoine tissé dans l’étoffe des rêves, cousu de fils d’or et de soie, taillé dans le taffetas ou le brocart.
« Cette exposition, nous l’avons conçue comme un hommage à nos savoir-faire, explique Delphine Pinasa. Il existe d’autres musées du textile en France et en Europe, mais nous sommes uniques sur le costume de scène, avec des questions spécifiques au niveau de la conservation, de la restauration, de la présentation et donc du mannequinage. On a affaire à des pièces réalisées dans des matériaux fragiles ou insolites, soit anciennes, soit proches de l’art contemporain : des résines, du latex, des plumes, du tulle, des perles… On a même une robe en plâtre ! », s’exclame-t-elle, en couvant du regard un manteau bleu aux motifs cubistes signé par Sonia Delaunay (1885-1979).
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Source:
www.lemonde.fr

