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Lancement de My Smart Book, e-librairie qui propose de dialoguer avec son livre grâce à l'IA

C’est lors du premier jour du Festival du livre de Paris, le vendredi 17 avril, que My Smart Book ouvrira son premier dialogue avec les lecteurs. La plateforme est une librairie numérique où l’intelligence artificielle permet d’interroger un livre à partir de son seul contenu, accessible sur tous les écrans iOS et Android. Joints par Livres Hebdo lors d’une visioconférence, les deux cofondateurs Emmanuel Marie-Cardine et Stéphane Amiot présentent un projet qu’ils ont observé et affiné pendant six à huit mois. « On veut insérer l’IA dans le monde du livre tel qu’il existe aujourd’hui, de manière éthique. Si quelqu’un achète un livre et souhaite l’interroger, la réponse doit être présente dans le livre, et pas ailleurs », pose d’emblée Stéphane Amiot.

Dialoguer avec Madame Bovary

Le concept repose sur une idée simple : permettre au lecteur d’interroger le contenu d’un ouvrage qu’il a acheté, depuis l’application My Smart Book, sans jamais sortir du livre. Le lecteur bloqué à une page, peut ainsi demander un résumé des chapitres précédents, poser une question sur un personnage ou une notion, ou encore, en fiction, aller plus loin. « En fiction, vous allez pouvoir dialoguer avec un personnage, avec Madame Bovary par exemple, comme si elle était devant vous », illustre Emmanuel Marie-Cardine. Les livres compatibles avec la fonctionnalité sont commercialisés sous la dénomination Smart Book, à condition que l’ouvrage soit principalement composé de texte, l’analyse d’image n’étant pas encore prise en charge. « L’e-book peut être une solution aux problématiques écologiques et économiques de l’édition, un moyen d’emmener le livre encore plus profondément dans notre population, surtout chez les jeunes », affirme Stéphane Amiot, pour qui rendre l’expérience de lecture plus ludique reste une clé pour redonner le goût des livres aux nouvelles générations.

Une IA ancrée dans la chaîne du livre

Tous deux issus de l’édition, Interforum Editis et Media Participations pour Emmanuel Marie-Cardine, Hachette pour Stéphane Amiot, les deux associés ont construit My Smart Book autour d’un constat : des projets de livres interrogeables par IA existent déjà, mais ils fonctionnent sur des fichiers non protégés, souvent piratés. My Smart Book entend se distinguer en restant dans le cadre légal de la chaîne du livre. Au lancement, la plateforme s’appuie sur Ipagine Éditions pour proposer un catalogue de quelque 450 000 titres, sans surcoût lié à l’IA par rapport au prix éditeur habituel. « 100 % des réponses générées par notre chatbot sont issues du livre. On est dans le complet respect des droits d’auteur, des licences et des DRM fournis par les éditeurs », affirme Emmanuel Marie-Cardine.

Techniquement, la base vectorielle est hébergée sur les serveurs de la plateforme, une connexion Internet est donc nécessaire. La plateforme est par ailleurs en cours de certification par EDR LAB, développeur de l’application de lecture. « Pour le prix d’un e-book, vous avez un Smart Book », résume le cofondateur, pointant la différence avec la Kindle : « Chez Amazon, vous pouvez juste lire votre livre. Chez nous, vous pouvez lire votre livre et discuter avec. »

Un lancement progressif

My Smart Book sera l’une des trois seules librairies en France à ne proposer que du numérique, sans papier. La plateforme prévoit de constituer sa propre collection de classiques afin d’être également éditeur. « Ces livres seront vendus avec l’IA incluse, il faut les vendre au moins deux à trois euros pour financer la partie chatbot », précise Emmanuel Marie-Cardine. Le modèle économique reste celui d’une librairie classique, la marge constituant la rémunération de la plateforme, avec un objectif de six à sept millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici trois ans. Une première levée de fonds a déjà été réalisée, une deuxième, d’un million d’euros, est envisagée pour le second semestre afin d’accompagner le développement.

« On n’est pas une entreprise qui va se mettre en déficit les deux ou trois premières années. Une levée de fonds n’interviendra que si notre première phase sur le marché français a réussi, et pourquoi pas ensuite s’élargir à l’Europe et à l’international », tranche Stéphane Amiot. Au Festival du livre, stand A31, les visiteurs pourront tester l’application dès le 17 avril, un classique de la littérature sera offert à l’inscription. « On espère que l’ensemble de l’écosystème du livre nous suivra dans cette aventure », conclut le codirigeant.


Source:

www.livreshebdo.fr