Il pleut des cordes, le jour où nous allons à la rencontre du docteur Saïd Ouichou dans son cabinet médical des quartiers nord de Marseille. Le rideau de fer est baissé, mais le médecin généraliste de 62 ans, grand et jovial, nous ouvre la porte qui donne sur un parking, à l’arrière du bâtiment. A l’intérieur, une salle d’attente au mobilier rudimentaire, décorée d’une simple plante verte. Sur la gauche, dans le vaste cabinet, une table d’examen, un pèse-bébé, une toise et, sur le bureau, des piles de documents et un stéthoscope.
Polo Eden Park, jean noir, chaussures noires à lacets rouges, Saïd Ouichou a un physique qui inspire confiance. Il nous fait visiter les 190 mètres carrés de ce qu’il avait imaginé comme un centre de santé, mais où il exerce désormais seul. Une salle vide abrita un temps des infirmiers qui effectuaient sur place prélèvements et soins légers. Une autre, juste à côté, accueillait le cabinet de sa consœur, partie suite à sa violente agression, un soir d’août 2024, par une fille de 11 ans et une jeune femme de 20 ans. A la fois désillusionné et passionné par son métier, le docteur Ouichou raconte son quotidien de soignant dans ce 15e arrondissement marseillais, où il exerce depuis plus de vingt ans et où il a été candidat aux élections législatives de mars.
Il vous reste 88.37% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr

