La cérémonie se déroule le 8 juin 2016 dans un salon de l’Assemblée nationale. Sur les rares clichés qui l’ont immortalisée, on reconnaît Pierre Joxe, ancien ministre de François Mitterrand, Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, Luc Montagnier, Prix Nobel de médecine en 2008, et Jean Jouzel, Prix Nobel de la paix avec le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) en 2007.
Ont également pris place sur les chaises en velours rouge une cohorte de chercheurs de haut vol, médaillés d’or du CNRS dans leur domaine (l’informaticien Gérard Berry, le cryptologue Jacques Stern, l’anthropologue Maurice Godelier), un certain nombre de députés, du Doubs notamment (Eric Alauzet, Barbara Romagnan), et Geneviève Fioraso, ministre – puis secrétaire d’Etat – de l’enseignement supérieur et de la recherche de 2012 à 2015. Au milieu de cet aréopage, un inconnu : Florent Montaclair.
Devant un Claude Bartolone tout sourire, ce professeur de lettres alors âgé de 46 ans, vivant à Montbéliard (Doubs) et salarié de l’université de Franche-Comté (devenue l’université Marie et Louis Pasteur, UMLP), reçoit des mains de Pierre Joxe la médaille d’or de philologie, équivalent, comme la médaille Fields en mathématiques, du Nobel de cette discipline qui consiste en l’étude de la langue à travers l’analyse de textes anciens.
La prestigieuse distinction est décernée par l’International Society of Philology (Insop), société savante centenaire rattachée à l’University of Philology and Education (UPAE) de Lewes, dans le Delaware (Etats-Unis). Le lauréat est désigné par un collège de quelque 200 universitaires du monde entier, et Florent Montaclair, premier Français primé depuis la création de cette médaille, en 1967, rejoint au palmarès d’éminents linguistes, sémioticiens et spécialistes de la critique littéraire tels que Morris Halle, Roman Jakobson ou encore Umberto Eco, rien que ça.
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Source:
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