Jongler entre rendez-vous médicaux et exigences professionnelles, compenser ses absences en travaillant tard le soir ou le week-end, faire bonne figure devant les collègues après un test de grossesse négatif… L’expression « double vie » revient fréquemment dans la bouche des femmes qui occupent un emploi et sont inscrites dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA) afin de concevoir un enfant.
Celles-ci doivent en effet se libérer, parfois du jour au lendemain, pour de nombreux examens médicaux : des prises de sang et échographies à répétition, des stimulations hormonales à des horaires précis, une surveillance quotidienne de résultats, ou encore des interventions pour des ponctions ou des transferts d’embryons connues quelques jours avant seulement. La grande souplesse que cela requiert ainsi que les effets sur le corps et l’humeur retentissent sur le quotidien professionnel de ces femmes. Des situations encore largement invisibilisées sur lesquelles Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti Les Ecologistes, a jeté la lumière en évoquant publiquement, fin mars, lors de l’annonce de sa grossesse, être passée par un parcours de PMA.
Qu’implique de confier au travail une décision habituellement du ressort de l’intime – désirer un enfant ? Comment concilier les exigences liées à un projet de PMA et un quotidien professionnel ? Avec quelles conséquences ? Alors qu’un couple sur quatre serait confronté à l’infertilité, l’articulation avec la vie professionnelle constitue un enjeu important, comme le montre la variété de réponses – plus de 150 – reçues après un appel à témoignages lancé par Le Monde. Le vécu des femmes que nous avons recontactées diffère selon la fonction occupée, la durée du parcours médical, la relation à l’employeur ou encore l’ancienneté dans l’entreprise.
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Source:
www.lemonde.fr

