En quelques semaines, l’attaque américano-israélienne contre l’Iran a profondément modifié la trajectoire de la croissance mondiale. Dans ses prévisions publiées mardi 14 avril, le Fonds monétaire international (FMI) l’estime à 3,1 % pour 2026, contre 3,4 % avant le 28 février, date du début des hostilités. Les incertitudes sur les prévisions sont si élevées que le FMI précise qu’elles ont été calculées à partir du scénario d’une « guerre limitée dans sa durée, son intensité et son étendue », avec des perturbations n’allant pas au-delà de la mi-2026.
L’hypothèse la plus probable est donc un ralentissement de la croissance en 2026 par rapport à 2025, où elle avait atteint 3,4 %, et une inflation qui repart à la hausse à 4,4 %. Les pressions à la hausse des prix devraient toutefois être plus faibles que lors du dernier choc pétrolier de 2022, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cette année-là, l’économie mondiale, qui venait de sortir des confinements dus à la pandémie de Covid-19, était en surchauffe.
Le FMI n’écarte pas un scénario dans lequel la croissance chuterait à 2 % en 2026 et l’inflation s’envolerait au-dessus de 6 % d’ici à 2027, avec un impact deux fois plus important sur les pays émergents que dans les économies avancées. L’éventail des possibles reste très large : de « la plus grande crise énergétique de l’époque moderne » si la situation géopolitique se détériore à « une transformation des investissements dans l’intelligence artificielle en croissance durable » si son adoption se traduit par des gains de productivité.
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Source:
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