L’AVIS DU « MONDE » – CHEF-D’ŒUVRE
La splendeur du cinéma de Mikio Naruse (1905-1969) ne fait plus aucun doute, depuis que le calendrier de restaurations brasse l’apport de ce grand réalisateur, pilier de l’âge d’or du cinéma japonais, dont l’œuvre compte 89 titres. Prince du mélodrame feutré (La Mère, Derniers chrysanthèmes, Nuages flottants, Quand une femme monte l’escalier), Naruse est un impressionniste des sentiments, un orfèvre de la douce amertume. On le vérifiera une nouvelle fois avec Ginza Cosmetics (1951) – parfois répertorié sous le titre Le Fard de Ginza –, qui inaugurait la décennie la plus faste de sa carrière, après quelques années de passage à vide. Inédit en France, le film arrive en salle dans les habits neufs d’une restauration resplendissante, qui rend très « palpable » à l’œil le Japon de l’après-guerre.
Comme le titre le suggère, le récit s’inscrit dans le quartier de Ginza, à Tokyo, carrefour commerçant très achalandé, qui, la nuit venue, s’illumine d’une profusion d’enseignes indiquant autant de bars typiques. Yukiko travaille toutes les nuits au Bel-Ami, un club dont elle est la tenancière, mais pas la propriétaire. Elle est aussi la mère célibataire d’un petit garçon, Haruo, dont elle n’a pas vraiment le temps de s’occuper, élevé avec la complaisance des voisins, à l’étage d’une petite pension de quartier qui résonne d’un cours de musique.
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