Derniers articles

Annonce publicitairespot_img
AccueilMondeGadi Eisenkot, l’ancien chef militaire appelé à bâtir une majorité en Israël

Gadi Eisenkot, l’ancien chef militaire appelé à bâtir une majorité en Israël

Avec Gadi Eisenkot, la formation du prochain gouvernement israélien prend une dimension particulière. L’ancien chef d’état-major de Israël arrive au premier plan politique avec une image construite dans l’appareil sécuritaire plutôt que dans les appareils partisans traditionnels. Sa désignation pour tenter de bâtir une coalition intervient dans un système parlementaire où aucune majorité ne peut gouverner sans accords précis entre formations souvent très éloignées sur les questions de sécurité, de justice et de religion.

Gadi Eisenkot a dirigé Tsahal de 2015 à 2019, après une longue carrière militaire. Cette expérience le place dans la lignée des responsables israéliens passés de l’uniforme à la vie publique, un parcours fréquent dans un pays où la sécurité nationale structure une grande partie du débat politique. Son profil est associé à une approche institutionnelle, marquée par la dissuasion militaire et par une connaissance directe des fronts nord et sud.

Entré en politique aux côtés de Benny Gantz, Eisenkot siège à la Knesset. Après l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas, il a participé au cabinet de guerre d’urgence avant de le quitter en juin 2024 avec Gantz. Cette séquence a consolidé son statut d’acteur central du camp opposé à Benyamin Nétanyahou, sans l’inscrire dans une rupture avec la doctrine sécuritaire israélienne.

L’expression d’« anti-Nétanyahou » renvoie moins à une opposition idéologique totale qu’à une alternative de méthode et de leadership. Eisenkot incarne une figure issue de l’establishment militaire, attentive à la chaîne de commandement et aux équilibres institutionnels. Sa trajectoire a aussi été marquée par la guerre à Gaza : son fils Gal, soldat réserviste, y a été tué en décembre 2023. Ce drame personnel s’est ajouté à son exposition politique dans une période de tension nationale extrême.

La tâche qui l’attend dépendra de la capacité à réunir une majorité parmi les 120 députés de la Knesset. Dans la politique israélienne, former un gouvernement impose de concilier priorités sécuritaires, revendications sociales, place des partis religieux et gestion des institutions judiciaires. L’expérience militaire d’Eisenkot lui offre une crédibilité importante sur les dossiers de défense, mais la réussite de sa mission se jouera surtout dans la négociation parlementaire et la stabilité des compromis obtenus.

spot_imgspot_img

Articles similaires: