Le musée Cognacq-Jay plonge à son tour dans l’imaginaire XVIIIe siècle, par une exposition sur les traits et les emblèmes du féminin au siècle des Lumières
Le XVIIIe siècle est la tendance de ce printemps 2026 ! En collaboration avec le Palais Galliera, qui présente « La mode au XVIIIe siècle, un héritage fantasmé », et parallèlement à l’exposition du musée des Arts décoratifs, « Une journée au XVIIIe siècle, chronique d’un hôtel particulier parisien », le musée Cognacq-Jay explore les féminités au siècle des Lumières. Un écrin idéal pour cette plongée dans « la mode et les apparences », sous-titre de l’exposition « Révéler le féminin ».
Féminin pluriel
Au-delà du seul aspect vestimentaire, développé au musée de la Mode de Paris, l’institution fondée par le créateur des grands magasins La Samaritaine s’intéresse aux représentations de la féminité sous toutes ses formes. Vêtements, portraits, accessoires, porcelaines, composent un parcours intimiste, divisé en cinq sections thématiques.
Vue de l’exposition « Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle »présentée au musée Cognacq-Jay à Paris en 2026 Photo : © Musée Cognacq-Jay/Paris Musées
Au travers de ce prisme particulier, il permet en outre de mesurer l’essor du style français, qui séduit l’Europe entière. Passage désormais obligé, un contrepoint contemporain ponctue la démonstration de photographies et d’un spectaculaire modèle haute couture signé Karl Lagerfeld pour Chanel. Et montre combien l’héritage du XVIIIe siècle perdure dans l’imaginaire.
L’exposition au musée Cognacq-Jay
Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle
Mise en scène de soi
Après la pompe du Grand Siècle, la cour et la société aspirent à plus de simplicité, de confort et d’intimité. Un désir qui se manifeste dans le cadre de vie et les usages du quotidien, a fortiori celui de la gent féminine. L’époque est aussi une période de progrès techniques et de développement économique qui influent sur l’évolution de la société, et permettent à la bourgeoisie de rivaliser avec l’aristocratie. L’art de paraître n’est plus l’apanage de la noblesse, et le souci de distinction gagne les classes les plus aisées. Mais en imitant la noblesse, la bourgeoisie l’oblige à tenter de s’en différencier, déclenchant du même coup une accélération du phénomène. Art de séduire et d’exister, la mode était née.

Attribué à Louis-Lié Périn-Salbreux (1753 – 1817) Portrait présumé de Marie-Thérèse de Savoie, vers 1776, Paris, musée Cognacq-Jay CCØ Paris Musée
Cette « mise en scène de soi » se manifeste dans le vêtement, première dépense des maisonnées les plus fortunées. Précieuses soieries, taffetas brochés, dentelles et passementeries agrémentent les robes, des plus simples au plus somptueuses. Un exceptionnel mantelet du musée des Arts décoratifs et une robe à la française du Palais Galliera, inédite et spécialement restaurée pour l’exposition, en témoignent.

Vue de l’exposition « Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle »présentée au musée Cognacq-Jay à Paris en 2026 Photo : © Musée Cognacq-Jay/Paris Musées
De même qu’une galerie de portraits féminins, dont le rendu des étoffes, transparences, et accessoires les plus recherchés traduit l’attention particulière portée au vêtement, révélateur du statut social du modèle, mais aussi de sa personnalité. Au travers de ces attributs apparemment futiles s’exprime en effet la dimension psychologique de l’individu, particulièrement sensible dans l’extraordinaire portrait de son épouse par Jean-Charles Nicaise Perrin, prêt du musée de Valenciennes.

Vue de l’exposition « Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle »présentée au musée Cognacq-Jay à Paris en 2026 Photo : © Musée Cognacq-Jay/Paris Musées
Nouvelles sensibilités
Cette recherche de plus d’intimité se manifeste également dans les portraits familiaux et d’enfants, vus désormais comme des personnes à part entière. L’idéal rousseauiste et l’influence de la peinture anglaise ont joué un rôle indéniable dans cet intérêt nouveau pour plus d’authenticité dans les relations et les sentiments. Le Portrait de Quatremère et de sa famille par Nicolas-Bernard Lépicié représente ainsi les protagonistes dans une scène intimiste de bonheur familial, authentique et réaliste. En robe de chambre, arborant des gestes et regards d’affection réciproques, ils illustrent une manière nouvelle de partager le quotidien.

Vue de l’exposition « Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle »présentée au musée Cognacq-Jay à Paris en 2026 Photo : © Musée Cognacq-Jay/Paris Musées
Pastorales et fêtes galantes
Déclinaisons de cette « joie de vivre » inédite, d’autres genres voient le jour ou se prennent de l’ampleur, comme la scène galante et la pastorale, visions idéalisées d’un bonheur amoureux ou bucolique. Sont convoqués Watteau, Pater, Lancret et Boucher, maîtres de cette théâtralité raffinée et poétique propice au travestissement, à mi-chemin entre le réel et l’imaginaire. Un idéal qui continue d’infuser notre époque, dans la mode comme dans la création contemporaine.

Vue de l’exposition « Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle »présentée au musée Cognacq-Jay à Paris en 2026 Photo : © Musée Cognacq-Jay/Paris Musées
« Révéler le féminin. Mode et Apparences au XVIIIe siècle »Musée Cognacq-Jay, 8, rue Elzévir, 75003 ParisDu 25 mars au 20 septembre 2026
Source:
www.connaissancedesarts.com

