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Exposition Lee Miller à Paris : de l’avant-garde à la guerre, une photographe pionnière au musée d’Art moderne

Venue de la Tate Britain de Londres, la rétrospective de l’œuvre de Lee Miller offre une traversée du siècle, de la photographie de mode au reportage de guerre. Un parcours riche et foisonnant, des deux côtés de l’Atlantique, déployé au musée d’Art moderne de Paris.

Popularisée par le film d’Ellen Kuras sorti en 2023 – avec Kate Winslet, également coproductrice, dans le rôle-titre –, Lee Miller (1907-1977) fait l’objet d’une importante rétrospective au musée d’Art moderne de Paris. La photographe américaine avait déjà bénéficié d’une exposition monographique en 2008, organisée par le Victoria and Albert Museum et présentée à Paris au Jeu de Paume. L’événement – reprise de l’exposition de la Tate Britain cet automne – consacre la reconnaissance d’une artiste à part entière.

Une beauté terriblement moderne

En introduction au parcours chronologique en onze parties, un extrait du Sang d’un poète, premier film de Jean Cocteau réalisé en 1930-1932, cueille le visiteur. La beauté singulière et terriblement moderne de Lee Miller continue d’impressionner la rétine, près d’un siècle après le tournage de ce long-métrage.

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Un ensemble de portraits réalisés par les plus grands photographes de l’époque – Edward Steichen, George Hoyningen-Huene – rappellent qu’elle fut d’abord un modèle recherché pour sa photogénie, l’une des premières stars du mannequinat. En guise d’apprentissage, son père, photographe amateur, l’avait déjà choisie comme modèle dès l’enfance, la faisant poser, nue ou habillée, devant son objectif.

Exposition Lee Miller

Man Ray, le mentor

Mais Lee Miller préfère « prendre une photo plutôt qu’en être une ». C’est à Paris qu’elle fait ses premières armes et qu’elle se choisit Man Ray comme mentor. Leurs clichés respectifs ou réalisés à quatre mains illustrent cette phase d’expérimentation et d’intense créativité : dans l’orbite du surréalisme, leurs visions et leur utilisation commune de la solarisation se télescopent, rendant parfois incertaines les attributions à l’une ou à l’autre. La jeune femme a vite fait cependant d’affirmer son indépendance.

Lee Miller, Corseterie (solarisée), Studio Vogue, Londres, 1942, Lee Miller Archives. ©Lee Miller Archives, England 2025. All Rights ReservedLee Miller, Corseterie (solarisée), Studio Vogue, Londres, 1942, Lee Miller Archives. ©Lee Miller Archives, England 2025. All Rights Reserved

Lee Miller, Corseterie (solarisée), Studio Vogue, Londres, 1942, Lee Miller Archives. ©Lee Miller Archives, England 2025. All Rights Reserved

Tirages d’époque ou modernes racontent ainsi une vie au sein de l’avant-garde artistique internationale. Détails inattendus de l’architecture parisienne, compositions originales et cadrages audacieux l’inscrivent dans le réseau encore balbutiant des grands photographes. De Paris à New York en passant par le Proche-Orient, des galeries les plus pointues aux pages de Vogue, ses prises de vue et portraits témoignent d’une époque et, surtout, d’une inventivité permanente et sans cesse renouvelée. Et bientôt de son engagement.

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorelVue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Les ruines et les décombres

Précédée d’un avertissement, une salle est dédiée à ses photos réalisées dans les camps de Buchenwald et de Dachau. Artiste reconnue, Lee Miller s’affirme comme reporter de guerre, dans des clichés où sa volonté de témoigner de l’horreur en évitant tout sensationnalisme ne laisse pas indemne.

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorelVue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Européenne de cœur, elle poursuit ce travail à ses yeux essentiels sur le Vieux Continent, dans les ruines et les décombres de la guerre. Avec toujours en ligne de mire ses semblables, victimes, complices, coupables ou sauveurs.

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorelVue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Mais le traumatisme de la guerre, ajouté à ceux de son enfance (omis dans la chronologie pourtant détaillée jalonnant le parcours), entame son intérêt pour la photographie de mode. Ses derniers clichés montrent ses amis artistes comme Picasso, Noguchi, Ernst, Tanning, Miró, avant l’abandon prématuré et définitif de son appareil photo au profit… de la cuisine. Un dernier épisode qui, lui, n’est pas escamoté.

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorelVue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

Vue de l’exposition « Lee Miller » présentée au musée d’Art moderne de Paris en 2026. © MAM-ParisMusées/NicolasBorel

« Lee Miller »Musée d’Art moderne, 11, avenue du Président Wilson, 75116 ParisJjusqu’au 2 août 2026


Source:

www.connaissancedesarts.com