Le premier ministre souverainiste tchèque, Andrej Babis, est en train de renouer avec sa réputation de prédateur de la liberté de la presse. Depuis mercredi 22 avril, les syndicats de la radio et de la télévision publique de ce pays d’Europe centrale ont lancé un préavis de grève illimité pour protester contre un projet de loi présenté par son ministre de la culture prévoyant de supprimer dès 2027 la redevance mensuelle de 205 couronnes tchèques (8,40 euros) versée par chaque foyer tchèque pour financer l’audiovisuel public.
« La proposition du gouvernement de modifier la loi sur la télévision et la radio tchèques entraînera des fluctuations budgétaires pour les deux institutions et des licenciements massifs dès cette année. Les deux médias ne pourront plus assurer leur mission de service public », a dénoncé, mercredi, Zuzana Bancanska, vice-présidente du personnel de la télévision publique, qui emploie environ 3 000 personnes, arguant que la subvention budgétaire directe prévue pour remplacer la redevance sera d’un montant moindre que les financements actuels.
Mercredi, plusieurs centaines d’étudiants ont par ailleurs manifesté dans les rues de Prague pour afficher leur soutien aux journalistes des médias publics. Large vainqueur des élections d’octobre 2025 avec 35 % des voix, M. Babis argue qu’il ne fait que mettre en application un des principaux points du programme de son parti ANO, une formation eurosceptique rattachée au groupe des Patriotes du Rassemblement national au Parlement européen. Le problème est que ce riche homme d’affaires âgé de 71 ans est connu de longue date pour ses attaques contre le journalisme indépendant dans ce pays de 10 millions d’habitants.
Il vous reste 61.95% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr

