« Assez de l’ancien système » ou « Ne pas mettre en péril ce qui a été accompli » : les derniers meetings de campagne du premier ministre nationaliste, Viktor Orban, et de son adversaire, Péter Magyar, avant les législatives de dimanche en Hongrie, ont attiré les foules.
Près de 20 000 personnes – dont de nombreux jeunes – ont participé à un rassemblement organisé jeudi par le candidat d’opposition à Györ, sixième plus grande ville du pays, selon l’Agence France-Presse (AFP).
« Nous sommes ici parce que nous croyons en Péter Magyar et que nous en avons assez de l’ancien système », a déclaré à l’AFP Attila Jozsa, électricien de 55 ans, lors de ce meeting. « Nous sommes convaincus qu’une forme de changement va gagner tout le pays », a poursuivi cet ancien électeur du Fidesz, le parti de Viktor Orban. « Où est l’argent ? », y ont scandé des partisans de Tisza, le parti de M. Magyar, en référence aux accusations visant des élus locaux du Fidesz à propos de la disparition de millions d’euros de fonds public.
Péter Magyar a fait campagne en promettant de meilleurs services publics, ainsi qu’une lutte contre la supposée corruption du gouvernement de Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, qui brigue un cinquième mandat. « Donnez sa chance au changement ! », a lancé M. Magyar, largement en tête des sondages indépendants, aux électeurs rassemblés à Gyor.
« Les Russes, rentrez chez vous »
Le même jour, près de 2 000 partisans de M. Orban se sont rassemblés à Debrecen, deuxième plus grande ville du pays, où le premier ministre nationaliste les a appelés à « ne pas tout mettre en péril » et à « protéger ce que nous avons accompli ».

« Une victoire de Tisza serait vraiment terrible pour la Hongrie », a estimé Attila Szoke, un chauffeur de taxi quinquagénaire, revenu en Hongrie en 2022 après avoir travaillé vingt-deux ans à Londres. « Je ne fais pas confiance à [Péter] Magyar, qui a poignardé le Fidesz dans le dos du jour au lendemain », a-t-il estimé, en référence à ses liens passés avec le parti, du temps où il était marié à l’ancienne ministre de la justice, Judit Varga.
Fief de longue date du Fidesz, Debrecen est pressenti pour basculer en faveur de Tisza dimanche. Des contre-manifestants ont répondu aux acclamations de soutien à M. Orban en chantant « saleté de Fidesz » et « les Russes, rentrez chez vous », en référence aux liens de Viktor Orban avec le président russe, Vladimir Poutine.
Les deux camps en campagne se sont mutuellement accusés de chercher à tirer profit d’ingérences étrangères. Viktor Orban, plus proche allié du président américain, Donald Trump, au sein de l’Union européenne, a reçu cette semaine le vice-président américain, J. D. Vance. Il a aussi maintenu des liens avec la Russie malgré l’invasion de l’Ukraine, et il exprime souvent son désaccord avec Bruxelles.
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