La situation dans le golfe Persique alimente la tension sur le marché de la pistache. Le conflit au Moyen-Orient fait grimper des prix déjà en hausse depuis deux ans.
Depuis deux ans, les prix sont influencés par la baisse de la production : en 2024 aux États-Unis, puis en 2025 en Turquie et en Iran. Au total, selon le ministère américain de l’Agriculture (USDA), la récolte mondiale a diminué de 8 % en 2025 par rapport à la saison 2024.
En parallèle, la consommation ne cesse d’augmenter, avec de plus en plus de recettes à base de pistaches dans l’industrie agro-alimentaire, y compris dans le secteur du chocolat avec les fameuses tablettes fourrées à la mode Dubaï.
Entre avril 2024 et mars 2026, le prix des pistaches décortiquées a augmenté de 40 % – soit 11,2 $/livre pour les pistaches américaines, hors coût de transport, en mars 2026 –, selon S&P Global Energy. Le conflit au Moyen-Orient pourrait accélérer cette hausse, en raison de la pénurie iranienne.
L’impact du conflit
L’Iran est le deuxième producteur – avec 18 % des volumes sur la saison 2025-2026 selon l’USDA, soit environ 200 000 tonnes – et assurait jusque-là environ un tiers des exportations mondiales. Toute perturbation des flux aura donc potentiellement des conséquences à un moment donné.
L’Iran exporte des pistaches de haute qualité vers l’Union européenne et le Royaume-Uni par voie maritime, des exportations qui ont été directement affectées par les restrictions autour du détroit d’Ormuz.
Les principaux transformateurs et exportateurs iraniens ont cependant des partenaires dans ces deux régions du monde qui disposent de stocks et qui peuvent transformer les pistaches en poudre pour les confiseurs, à la demande depuis leurs sites britanniques ou européens, précise Jose Gutierrez Fernandez, analyste de marché noix, épices et fruits secs chez S&P Global Energy. Le problème se posera si ces stocks ne sont pas réapprovisionnés à court terme.
L’Iran a par ailleurs toujours la possibilité d’exporter par la route vers la Turquie, l’Azerbaïdjan ou la Russie ou encore par voie ferroviaire vers la Chine.
L’Inde est un des pays les plus touchés : le marché est en pleine croissance et dépend du transport maritime pour importer ses pistaches d’Iran. « Les Émirats arabes unis sont probablement les plus affectés, Dubaï étant une plateforme de réexportation essentielle au Moyen-Orient », ajoute l’expert de S&P Global Energy.
Les alternatives
La Turquie pourrait être le fournisseur le mieux placé pour développer ses ventes dans le contexte actuel, et jouer un rôle clé dans l’approvisionnement du Moyen-Orient en pistaches iraniennes, selon Jose Gutierrez Fernandez.
L’autre pays qui compte sur le marché, ce sont les États-Unis qui ont vu leur production exploser l’année dernière de plus de 40 %. Le pays table sur une croissance plus grande cette année et espère augmenter également ses exportations.
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Source:
www.rfi.fr

