Des pirates informatiques travaillant pour l’Iran ont pris pour cible des installations industrielles aux Etats-Unis, ont annoncé plusieurs agences gouvernementales américaines dans une note d’alerte diffusée mardi 7 avril.
Ces pirates, dont l’identité et l’appartenance exactes n’ont pas été précisées, ont réussi à compromettre plusieurs composants connectés à Internet et mal sécurisés. Les Etats-Unis n’ont donné aucun détail sur l’ampleur de ces sabotages. Les autorités évoquent des « perturbations opérationnelles et des pertes financières ». Les victimes, qui ne sont pas nommées, sont notamment des installations gouvernementales et des entreprises appartenant au secteur de l’eau et de l’énergie.
La note d’alerte affirme que cette campagne d’attaques – qui pourrait se poursuivre – est similaire à celle qui avait été conduite, en 2023, par le groupe CyberAv3ngers, lié à l’unité cyber du corps des gardiens de la révolution, l’organe idéologique et le bras armé du régime.
Savoir-faire ancien
Cette opération contre des installations industrielles confirme en partie les craintes des autorités américaines. Elles avaient averti, au début du conflit avec Téhéran, le 28 février, que des pirates affiliés à l’Iran étaient susceptibles d’intensifier leurs attaques en riposte aux opérations militaires américano-israéliennes, compte tenu des capacités et de l’expérience du régime de Téhéran dans le cyberespace. Comme le rappelle le magazine spécialisé Wired, les divers groupes de pirates iraniens ont un savoir-faire ancien et une riche histoire en matière de compromission des systèmes informatiques industriels.
Ce type d’attaque permet à la République islamique de frapper les Etats-Unis à distance et pour un faible coût, alors que Donald Trump multiplie les menaces à l’égard du régime et de ses infrastructures. Ce sabotage suggère aussi une montée en gamme des pirates iraniens depuis le début de la guerre. Jusqu’ici, la plupart de leurs attaques étaient opportunistes et d’une portée limitée. Elles ont été conduites, entre autres, par le groupe Handala, un prête-nom du ministère du renseignement iranien.
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Source:
www.lemonde.fr

