Après trois lois sous Hollande puis lors du premier quinquennat Macron, la présence d’au moins un ou deux salariés (en équilibre de genre) dans le conseil d’administration des entreprises de plus de 1 000 salariés en France, ou de 5 000 en comptant les filiales à l’étranger, s’est imposée. Les programmes pour les élections de 2027 des partis de gauche comptent prôner un renforcement de ce dispositif. Le PS [Parti socialiste] devrait reprendre à son compte la revendication de la CFDT [Confédération française démocratique du travail] d’étendre le dispositif aux entreprises dès 500 salariés. LFI [La France insoumise] devrait à nouveau proposer de « donner aux représentants des salariés au moins un tiers et jusqu’à la moitié des droits de vote dans les conseils de direction des entreprises ».
Ces paramètres correspondent au modèle allemand de cogestion d’entreprise. Outre-Rhin, les entreprises comptant entre 500 et 2 000 salariés doivent réserver un tiers des sièges du conseil de surveillance aux salariés ; celles de plus de 2 000 salariés doivent en réserver la moitié. Ces représentants – salariés de l’entreprise élus par le comité d’entreprise ou personnalités externes désignées par les syndicats – votent ainsi sur la nomination, la révocation des membres du directoire, le contrôle de sa gestion et certaines décisions stratégiques de l’entreprise.
Les performances de l’économie allemande et son climat social coopératif – voire ses bonnes conditions de travail – ont longtemps été attribués à ce pilier du pacte social germanique. Pourtant, ce dernier n’a pas permis d’empêcher un déclin net de la syndicalisation, dont le taux n’est plus que de 15 %, ni les scandales qui ont secoué le capitalisme allemand. Il se contente d’accompagner les difficultés actuelles de l’industrie.
Volkswagen en est le symbole, du « dieselgate » à la suppression de dizaines de milliers de postes, juste tempéré par le sauvetage de quelques usines grâce non pas à la composition de son conseil de surveillance mais à une grève puissante dans ce bastion d’IG Metall. L’explosion récente – bien plus forte qu’en France – des arrêts maladie interroge désormais l’adéquation des conditions de travail à la santé des salariés ou l’effritement de l’engagement de ces derniers.
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