Le 25 mars, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) signale que près d’un Français sur deux est surexposé au cadmium, principalement par l’alimentation. Ce métal lourd – classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction – s’accumule dans les reins ; les enfants sont particulièrement touchés. Le 26 mars, Atmo France, organisme de surveillance de la qualité de l’air, lance une carte nationale interactive de visualisation du taux de pesticides dans l’atmosphère, montrant qu’un grand nombre de substances sont présentes dans l’air que nous respirons, et ce jusqu’au cœur des villes.
Le 1er avril, une étude publiée dans la revue Nature Health révèle un lien robuste entre exposition à des cocktails de pesticides et augmentation du risque de cancer chez l’humain, alors même qu’aucune des 31 substances étudiées n’est classée comme cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé.
Face à ces révélations, les syndicats agricoles de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et de la Coordination rurale redoutent une nouvelle poussée d’« agribashing », et demandent comment ils pourraient nourrir la planète sans protection des cultures. Ces réactions sont cohérentes avec la posture qu’ils adoptent sur la question du cadmium.
Alors que la cause de la contamination des sols, des cultures, des animaux domestiques et des humains réside dans la forte teneur en cadmium des engrais phosphatés – majoritairement importés et que les agriculteurs utilisent massivement –, ces derniers mettent en avant le caractère impératif de cet usage, pour que soit assurée pleinement la mission nourricière qui, de leur point de vue, fonde l’identité des agriculteurs. A la science de trouver les solutions qui permettront que le cadmium ne se retrouve pas dans les aliments ; à l’Etat de mettre en place les mesures réglementaires pour limiter les risques.
Reconception globale
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Source:
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