La Bourse est un bon indicateur de l’état du monde. Ses bulles, ses krachs, ses lubies reflètent des mouvements économiques et politiques profonds. Ces trois dernières décennies, les marchés financiers ont vécu au rythme des nouvelles technologies (Internet puis intelligence artificielle), du surendettement, de la mondialisation… Aujourd’hui, c’est une image sombre que nous renvoie le miroir du monde : avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 et le conflit au Moyen-Orient, la guerre est devenue un sujet vendeur.
L’agence Bloomberg a indiqué, lundi 20 avril, que deux nouvelles entreprises de la défense envisageaient d’entrer en Bourse : les finlandais Savox, un fournisseur de systèmes de communication tactiques, et Varjo Technologies, spécialisé dans les lunettes de réalité virtuelle pour l’entraînement militaire. Ils suivent le tchèque CSG Group, les allemands Gabler et Vincorion, entrés sur les marchés européens ces dernières semaines, et accompagneront le franco-allemand KNDS. Le fabricant du canon Caesar devrait faire ses premiers pas sur les places de Paris et de Francfort avant l’été. L’industriel, détenu à 50 % par l’Etat français, pourrait valoir jusqu’à 25 milliards d’euros, ce qui en ferait la plus importante introduction en Bourse de l’année en Europe, ex aequo avec CSG Group.
Comportements excessifs
Comme lorsqu’ils suivaient, à la fin des années 2010, les ventes d’articles de luxe en Chine pour apprécier les perspectives des valeurs de ce secteur, les investisseurs regardent aujourd’hui les commandes d’obus de 155 mm pour se précipiter sur des actions comme celles de l’allemand Rheinmetall : elle a été multipliée par 15 depuis le début de la guerre en Ukraine et son multiple de valorisation est quasiment deux fois supérieur à celui de LVMH.
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Source:
www.lemonde.fr

