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Aupinard signe un premier album «spleen.social club»

Déjà crânement installé dans le paysage musical français, le jeune auteur-compositeur-interprète de vingt-quatre-ans aupinard, se détache de la bossa qu’on lui connaissait. Sur son premier album spleen.social club, il affiche une hybridité rayonnante.

Publié le : 07/05/2026 – 06:30


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Lui-même le reconnaît volontiers : « Je comprends, si on ne me connait pas, qu’on ne soit pas trop chaud à aller écouter ma musique parce que je m’appelle aupinard. Ça fait penser à un mec alcoolique ». Finalement cet alias si peu engageant, fusion entre le patronyme familial Opina et la référence argotique au vin de sa ville natale Bordeaux, n’aura même pas constitué un frein à l’ascension du jeune garçon d’origine congolaise qui a choisi d’inscrire son projet à travers une typographique intégralement en minuscule.

Dès le premier morceau posté en fin d’année 2021 sur TikTok, « C’est tout moi », il obtient une validation immédiate et spontanée des utilisateurs de la plate-forme. De la bossa nova inspirée par le titre « Le remède » de Luidji. « En 2016, je découvre par hasard la bossa nova, notamment avec les albums de João Gilberto, et je commence à l’apprendre à la guitare. Mais c’est trois ans plus tard et grâce à ce morceau de Luidji, un de mes artistes préférés, que ça m’a vraiment donné envie d’en faire ».

Le nom « aupinard » a circulé ces dernières années en même temps que ses sons ont bénéficié de chiffres streaming invariablement flatteurs. Il est l’artiste le plus identifié de la promotion 2023 des Inouïs du Printemps de Bourges. Il est l’artiste surtout estampillé « bossa nova ». Un peu, à tort. « Dès le départ, je savais que je ne ferai pas ça tout au long de ma carrière. J’avais même lâché une série de vidéos musicales sur Instagram, Les aupisodes, où il était question de rumba flamenca, funk, néo-soul et prévenir d’une certaine manière les gens que je n’allais pas me cloisonner dans la bossa ».

Le titre « quel type de vibe ? » sorti il y a trois ans et sur la première marche au compteur (plus de vingt millions de streams sur Spotify), marque une distance avec le genre musical brésilien. Et débouche, dans la foulée, sur une phase de doutes. « J’étais perdu au point que j’ai mis presque six mois avant de ressortir un morceau. J’ai jeté un projet de neuf titres parce que ça ne ressemblait pas et parce que je me suis rendu compte que je faisais « quel type de vibe ? » 2 et 3 ».

L’EP Pluie, montagnes et soleil le remet sur de bons rails. Sans appui médiatique, aupinard réussit le combo Olympia et deux dates à la salle Pleyel à Paris en moins d’un an. « 5 000 personnes dans cette salle parisienne sans qu’on ait encore parlé d’album. Elle est là la force de ce projet ». Ce grand admirateur du chanteur Tom Misch, surnommé Aupi par ses proches, n’a déroulé qu’une seule intention pour son premier album spleen.social club : être à l’écoute de ses désirs et élans.

Liberté de son et de ton

« Theodora et Ino Casablanca m’ont vraiment chauffé dans cette liberté de sortir des sons qu’ils ont juste envie de faire. Au sein de notre génération, à savoir les artistes entre 20 et 27 ans, il y a une espèce de crédibilité abusée sur la nomenclature d’un album, comme s’il fallait raconter obligatoirement l’enfance, revenir sur ses traumas… En vérité, on s’en fout. Si je veux parler de Peggy Gue et Pénélope Cruz dans un morceau, je ne m’en prive pas ». 

Le morceau en question s’intitule « P&P », haut du panier mainstream à faire vriller les synapses. En featuring d’ailleurs, Ino Casablanca, incontestable tornade de ces six derniers mois. « Il me suit depuis quelques années et m’a même envoyé des prods. Je l’ai découvert plus tard et on a surtout sympathisé l’an dernier au cours du réveillon de la nouvelle année. Depuis on se parle très fréquemment et j’ai comme beaucoup pris une bonne claque avec son disque ».

 

Dans spleen.social club, il y a une accoutumance à la tristesse (contrebalancée par une instrumentation solaire) et un état d’esprit d’équipe. Il y a aussi un éloignement désormais significatif avec la bossa (deux chansons sur douze), de beaux marqueurs r’n’b, une désinvolture crooneuse sacrément accrocheuse (« peau ébène »), de la vulnérabilité assumée (« le port des gens mal-aimés ») ou des filles souvent au centre de l’équation. Et lorsque aupinard nomme un titre « Cesaria », c’est ici davantage pour sa texture sonore similaire à celle de la diva aux pieds que pour lui tirer une pompeuse révérence. Un même type de vibe.

Aupinard spleen.social club (Bmg Rights Management) 2026

Instagram / YouTube


Source:

www.rfi.fr