Annonce publicitairespot_img
AccueilCultureLivres & LittératureAngoulême 2027 : Marie Parisot et Céline Bagot « déjà dans l’action »

Angoulême 2027 : Marie Parisot et Céline Bagot « déjà dans l’action »

Livres Hebdo : Comment avez-vous accueilli votre désignation par l’ACBDA ?

Marie Parisot : Nous avons accueilli cette annonce avec beaucoup de joie.

Céline Bagot : Nous l’avons appris hier. Il y avait une volonté de l’ADBDA que tous les candidats soient informés en même temps, après la délibération.

Comment allez-vous vous répartir le travail ?

C. B. : Nous allons créer une structure entièrement dédiée à l’événement d’Angoulême, dans un souci de transparence. Nous serons en codirection avec Marie, et nous travaillerons ensemble sur l’ensemble des sujets. Je serai en charge de la direction artistique, de la communication et des relations presse.

« Nous sommes déjà dans une dynamique opérationnelle »

M. P. : De mon côté, je m’occuperai des relations avec la filière : maisons d’édition, auteurs, libraires, ainsi que de l’international, de la direction commerciale et du marketing.

Quel est l’expertise de Morgane Groupe dans l’évènement ?

M. P. : L’idée, en s’appuyant sur Morgane, qui a une forte expérience, c’est de ne pas être seules. Nous avons travaillé sur un projet culturel structuré sur les trois prochaines années, et nous sommes déjà dans l’action pour préparer l’édition 2027.

C. B. : Nous avons aussi, toutes les deux, plus de 20 ans d’expérience dans le secteur de la bande dessinée, ce qui nous permet d’avoir une bonne connaissance du terrain.

Comment abordez-vous cette édition 2027 ?

C. B. : Nous sommes déjà dans une dynamique opérationnelle. L’intérêt d’avoir répondu à cet appel à projets, c’est que nous travaillons sur le sujet depuis plusieurs mois, avec les maisons d’édition et les auteurs, ce qui nous a permis de poser les bases d’une vision solide. L’événement devra être construit en tenant compte des réalités actuelles et des enjeux liés à la défense de la culture. Il faut bien comprendre qu’il y aura des évolutions entre les premières éditions et les suivantes.

M. P. : Nous savons que ce sera intense. La préparation du dossier nous a toutefois permis d’aborder de nombreux sujets avec l’ADBDA. Sur la programmation artistique et culturelle, nous avons déjà bien avancé, avec des accords de principe auprès d’auteurs et d’éditeurs. Nous avons également travaillé sur des aspects très concrets, comme l’organisation des chapiteaux, la stratégie de billetterie ou la structuration globale de l’événement.

Quelle place occupe l’ADBDA dans l’organisation ?

M. P. : L’idée est de s’appuyer sur l’association pour définir des axes stratégiques en phase avec les attentes de la profession. Plusieurs réunions sont d’ores et déjà prévues dans les prochains mois.

C. B : Tout cela est très récent, l’ADBDA s’est construite fin décembre, nous avons été sélectionnées hier, donc beaucoup de choses restent à caler. C’est un moment important : toute la profession s’est accordée pour travailler avec un nouvel opérateur et nous avons tout intérêt à avancer en bonne intelligence.

Comment réagissent auteurs et éditeurs à l’annonce d’une édition 2027 ?

M. P. : Nous avons reçu de nombreuses manifestations spontanées d’enthousiasme. Après l’annulation de 2026, il y avait une forte frustration de la profession, donc une attente réelle. Nous ne voulons pas présumer de la suite, mais nous nous attendons à un fort intérêt.

Quelle est l’influence du FIBD sur ce nouvel événement ?

C. B. : Le festival a une histoire et un public fidèle, avec des attentes. Nous abordons ce nouvel événement avec une vision artistique qui nous est propre, tout en conservant certains fondamentaux : chapiteaux, expositions, tables rondes, rencontres. Nous voulons aussi affirmer certaines orientations, comme une place importante donnée aux autrices et au matrimoine.

M. P. : Pour autant, l’idée n’est pas d’écarter le patrimoine, notamment la bande dessinée franco-belge. Nous cherchons un équilibre, avec l’ambition de représenter l’ensemble des courants du médium. Nous voulons également renforcer l’expérience des festivaliers et l’expertise de Morgane sur ce point est un atout important.

« Il n’y a pas de concurrence entre les festivals »

Le FIBD a essuyé ces dernières années de nombreux reproches concernant le traitement des auteurs : comment vous situez-vous sur ces questions ?

C. B. : La place des auteurs sera évidemment centrale dans cette nouvelle édition. Nous veillerons notamment à respecter la charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. Si le Centre national du livre accompagne l’événement, nous prévoyons aussi de financer les dédicaces, le droit de monstration ainsi que la dotation des prix.

M. P. : Les États généraux de la BD 2025 ont bien montré la précarité du secteur. Les auteurs seront ainsi au cœur du dispositif, au même titre que les autres acteurs de la création, comme les coloristes ou les traducteurs.

La bande dessinée était l’invitée d’honneur du Festival du livre de Paris. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

M. P. : Nous trouvons cela formidable. Cela montre à la fois la volonté de la profession de faire exister la bande dessinée dans de grands événements et l’appétit du public pour ce type de rendez-vous.

C. B. : Il n’y a pas de concurrence entre les festivals. Au contraire, plus on parlera de BD, plus sa place comme art à part entière s’en trouvera renforcée.

Avez-vous déjà des pistes pour la programmation 2027 ?

C. B. : Il est encore un peu tôt pour faire des annonces. Nous échangeons déjà avec certains auteurs, comme Anouk Ricard. L’objectif est de garantir une véritable diversité dans la représentation de la bande dessinée. Nous avançons progressivement, avec notamment une prochaine conférence de presse avec l’ADBDA pour préciser l’organisation. Pour ce qui est du prix d’entrée, la question est encore en discussion avec l’ADBDA.

Êtes-vous en contact avec les collectifs d’autrices, notamment autour du « girlxcott » ?

C. B. : À travers le Pop Women Festival, j’ai déjà discuté de ces sujets avec de nombreuses autrices. Nous souhaitons poursuivre et approfondir ce dialogue.

M. P. : Nous partageons en effet un certain nombre de leurs constats.

« Nous souhaitons  mieux valoriser la création dédiée à la jeunesse »

Quelle forme prendra l’événement ?

M. P. : Nous conservons un format de quatre jours de festival, auquel s’ajoute une journée professionnelle importante, dédiée aux cessionnaires de droits, aux libraires et aux acteurs de la filière. Le dimanche restera une journée famille et jeunesse, que nous souhaitons renforcer. L’enjeu est d’accompagner le renouvellement des publics, mais aussi de répondre aux enjeux de sensibilisation à la lecture.

C. B. : Les constats récents du Centre national du livre sur les jeunes et la lecture montrent la nécessité de continuer à investir ce champ. La bande dessinée a la capacité de toucher des publics très larges. La jeunesse doit donc être pleinement intégrée à notre réflexion, avec un travail du comité sur les différents niveaux de lecture et l’adaptation aux publics.

M. P. : La jeunesse occupera en effet une place essentielle. Nous souhaitons aussi mieux valoriser la création qui lui est dédiée, en intégrant notamment les prix jeunesse à la cérémonie officielle, afin qu’ils ne soient plus traités à part.

Comptez-vous mener des actions de sensibilisation en amont sur le territoire ?

C. B. : Oui, notamment avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, mais aussi avec les librairies, médiathèques et bibliothèques. L’objectif est de travailler à l’année, sur le territoire et au-delà.

M. P : L’idée est de s’appuyer aussi sur la dynamique de Morgane Groupe, qui porte une politique de diffusion culturelle sur le temps long, à l’image de ce qui existe déjà avec les Francofolies. Nous avons par ailleurs repensé certains dispositifs, comme les concours destinés au jeune public, afin de leur donner davantage de visibilité et de rayonnement.

Les autres candidats en lice pour l’appel d’offre de l’ADBDA

Visiona : La société italienne, à l’origine du Comicon de Naples, met en avant une approche résolument internationale. Déjà positionnée sur des événements mêlant bande dessinée, audiovisuel et cultures populaires, elle s’appuie sur un réseau de spécialistes du secteur et sur un partenariat local avec la Fédération charentaise des œuvres laïques. 
À Bord : Société bordelaise intervenue ces dernières années comme prestataire du FIBD, notamment sur des missions d’organisation et de logistique liées à l’événement. 
Côte Ouest : Agence événementielle du groupe Sud Ouest, dont fait partie Charente Libre. Elle s’appuie sur des réalisations comme Bordeaux fête le vin ou l’organisation de fan zones lors de grands événements sportifs.


Source:

www.livreshebdo.fr