Après des mois de tergiversations, la coalition conservatrice-sociale-démocrate, dirigée par le chancelier chrétien-démocrate Friedrich Merz, est parvenue à mettre sur la table la première des réformes structurelles auxquelles elle s’était engagée. Mercredi 29 avril, M. Merz a annoncé que le conseil des ministres avait avalisé une réforme « historique » des caisses publiques d’assurance maladie. Elle devrait permettre, une fois votée par le Bundestag, d’économiser 16,3 milliards d’euros de dépenses de santé par an, et ainsi stabiliser le niveau des charges sociales. « Sans la réforme adoptée aujourd’hui, l’un des piliers les plus importants de notre Etat providence deviendrait instable à long terme », a souligné le chancelier lors d’une conférence de presse.
Il était temps. Avec l’approche de la date anniversaire de l’entrée en fonction de la coalition, le 6 mai 2025, la pression ne cessait de monter sur le gouvernement face à l’absence de réformes. L’inquiétude des milieux économiques, en particulier, était vive au regard du renchérissement redouté du coût du travail. La protection sociale est essentiellement financée par les cotisations sur les salaires, à parts égales entre le salarié et l’employeur. Or, les caisses d’assurance maladie affichent depuis plusieurs années une évolution inquiétante : le déficit, qui s’élevait à 6,57 milliards d’euros en 2024, devrait atteindre 12 milliards d’euros en 2026, en dépit d’une hausse des cotisations. A plus long terme, le manque à gagner était estimé à près de 40 milliards d’euros à l’horizon 2030, en l’absence de réforme.
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Source:
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