Annonce publicitairespot_img
AccueilCinéma & ArtsÀ Paris, une exposition magistrale (et gratuite) révèle l’art des grands peintres...

À Paris, une exposition magistrale (et gratuite) révèle l’art des grands peintres nabis

Spécialisée en art moderne et contemporain, la galerie Waddington Custot, implantée à Londres et à Dubaï, ouvre un espace rue de Seine, à Saint-Germain-des-Prés. L’accrochage inaugural croise les époques en un dialogue subtil. Des œuvres de qualité muséale des peintres nabis – de Maurice Denis à Pierre Bonnard en passant par Paul-Élie Ranson, Paul Sérusier et Ker-Xavier Roussel – se mêlent aux réalisations, pour la plupart inédites, d’artistes contemporains comme Pierre Knop, François Réau, Anne Rothenstein et Fabienne Verdier.

Un tigre majestueux

En entrant, le regard est immédiatement happé par le Grand tigre au crayon noir de Paul-Élie Ranson, accroché au fond du bureau, dans le prolongement de la première salle d’exposition. Par ses arabesques japonisantes, la manière qu’a l’artiste de fondre dans la fluidité du trait le mouvement de l’animal et les courbes du végétal, cette œuvre résume à elle seule l’esthétique du groupe des nabis.

Vue de l'exposition « Le Choc Nabis » à la galerie Waddington Custot à Paris, 2026 Photo : © Studio Vanssay

Vue de l’exposition « Le Choc Nabis » à la galerie Waddington Custot à Paris, 2026 Photo : © Studio Vanssay

Avec Maurice Denis, Pierre Bonnard et Henri-Gabriel Ibels, Ranson est l’un des membres fondateurs de cette « confrérie » qui se réunit à Paris autour de Paul Sérusier, revenu de Pont-Aven en 1888 avec Le Talisman, tableau manifeste du synthétisme peint sous l’œil de Paul Gauguin.

Paul Sérusier, Bretonne allaitant, 1892, huile sur toile. Courtesy Waddington CustotPaul Sérusier, Bretonne allaitant, 1892, huile sur toile. Courtesy Waddington Custot

Paul Sérusier, Bretonne allaitant, 1892, huile sur toile. Courtesy Waddington Custot

De Bonnard à Filiger

« Ouvrir la galerie avec les Nabis revêt un sens particulier pour Stéphane Custot, car c’est avec ces artistes qu’il a formé son œil à ses débuts, il y a trente-cinq ans. Depuis, il n’a jamais cessé de s’y intéresser », explique Antoine Clavé, co-directeur, au côté d’Isaure de Roquefeuil, de l’espace parisien de Waddington Custot.

Vue de l'exposition « Le Choc Nabis » à la galerie Waddington Custot à Paris, 2026 Photo : © Studio VanssayVue de l'exposition « Le Choc Nabis » à la galerie Waddington Custot à Paris, 2026 Photo : © Studio Vanssay

Vue de l’exposition « Le Choc Nabis » à la galerie Waddington Custot à Paris, 2026 Photo : © Studio Vanssay

Répartis sur deux niveaux, en quatre salles, les chefs-d’œuvre se succèdent, avec, entre autres, un projet de vitrail (non réalisé) de Maurice Denis, une Bretonne allaitant de Paul Sérusier en larges aplats, une Femme au chapeau à l’aquarelle et au pastel de József Rippl-Rónai, une émouvante Tête de Christ aux cheveux de flammes signée Charles Filiger. Bonnard et Vuillard sont bien représentés, le premier avec une étude presque abstraite pour Le Corsage à carreaux, le second avec deux scènes d’intérieur feutrés, La Chambre verte et Femme lisant.

Ker-Xavier Roussel, Deux âges de la vie (Composition : deux femmes), c.1892, huile sur toile, 29 x 52 cm. Courtesy of Waddington CustotKer-Xavier Roussel, Deux âges de la vie (Composition : deux femmes), c.1892, huile sur toile, 29 x 52 cm. Courtesy of Waddington Custot

Ker-Xavier Roussel, Deux âges de la vie (Composition : deux femmes), 1892, huile sur toile. Courtesy of Waddington Custot

Regards contemporains

Au fil de l’accrochage, les œuvres nabies côtoient celles d’une dizaine d’artistes contemporains (Ben Arpéa, Etel Adnan, Marcel.la Barceló…) qui, pour beaucoup d’entre eux, ont réalisé des œuvres spécialement pour l’occasion. C’est le cas, notamment, de Christine Safa, d’Anne Rothenstein et de ses paysages japonisants, du jeune peintre Pierre Knop dont l’univers végétal et le sens du décor font écho aux préoccupations de ses illustres prédécesseurs.

Charles Filiger, Notation chromatique, aquarelle, gouache et crayon sur papier. Courtesy of Waddington CustotCharles Filiger, Notation chromatique, aquarelle, gouache et crayon sur papier. Courtesy of Waddington Custot

Charles Filiger, Notation chromatique, aquarelle, gouache et crayon sur papier. Courtesy of Waddington Custot

L’artiste anglais Ian Davenport a choisi de dialoguer avec les Notations chromatiques de Charles Filiger, allant jusqu’à donner le même titre à son propre tableau. Quant à François Réau, il est parti de Marie au jardin d’Édouard Vuillard pour peindre une forêt de pins, lors d’une récente résidence à Madrid.

Redécouvrir Louis Roy

Au total, l’accrochage réunit une trentaine d’œuvres, dont beaucoup sont de qualité muséale. Au-delà des grands maîtres, ce « Choc Nabis » a aussi le mérite de mettre en lumière des figures méconnues. Ainsi de Louis Roy, qui, en 1889, rencontra Paul Gauguin par l’intermédiaire d’Émile Schuffenecker.

Vue de l'exposition « Le Choc Nabis » à la galerie Waddington Custot à Paris, 2026 Photo : © Studio VanssayVue de l'exposition « Le Choc Nabis » à la galerie Waddington Custot à Paris, 2026 Photo : © Studio Vanssay

Vue de l’exposition « Le Choc Nabis » à la galerie Waddington Custot à Paris, 2026 Photo : © Studio Vanssay

L’artiste est ici représenté par un tout petit tableau (accroché dans le bureau) montrant une figure féminine en prière dans un jardin, un condensé miniature de tout ce qui fait la singularité des peintres de l’école de Pont-Aven et des Nabis : un art à la fois intériorisé et très décoratif, où l’homme et la nature vivent en parfaite harmonie. Après avoir inauguré les cimaises de ce nouvel espace parisien, l’exposition rejoindra en juillet celles de la galerie Waddington Custot de Londres.

Emile Bernard, Nus dans un paysage, c.1887, huile sur toile, 37 x 45,5 cm. Courtesy of Waddington CustotEmile Bernard, Nus dans un paysage, c.1887, huile sur toile, 37 x 45,5 cm. Courtesy of Waddington Custot

Emile Bernard, Nus dans un paysage, vers 1887, huile sur toile. Courtesy of Waddington Custot

« Le Choc Nabis »Galerie Waddington Custot, 36 rue de Seine, 75006 ParisDu 8 avril au 6 juin


Source:

www.connaissancedesarts.com