À Montpellier, la librairie Sauramps Comédie, institution culturelle installée sous la verrière du centre-ville depuis 1978, fait l’objet d’une pétition lancée en début de semaine par le groupe auprès de sa clientèle. Dans un contexte déjà fragile pour le groupe de librairies héraultaises, cette initiative vise à alerter sur la dégradation des locaux et à obtenir une réhabilitation du bâtiment.
Elle intervient alors que Sauramps traverse une période économique délicate. Ces dernières années, l’enseigne a enchaîné les difficultés : baisse du chiffre d’affaires, fermetures de points de vente, comme le pop-up d’Odysseum ou la librairie du musée Fabre (annoncée comme temporaire), ainsi qu’une pression accrue sur son modèle économique.
Un conflit ancien avec le bailleur
Derrière cette mobilisation, la direction pointe la responsabilité du propriétaire des murs. Selon David Lafarge, directeur du groupe interrogé par Livres Hebdo, la situation est connue de longue date : « Depuis 2021, le bailleur de la partie verrière est au courant de désordres importants », explique-t-il. Le bailleur, Actipierre, est une filiale du groupe AEW spécialisée dans l’immobilier commercial.
Malgré ces signalements répétés, les travaux attendus n’ont pas été engagés. Une inertie d’autant plus mal vécue par la direction que le montant du loyer, lui, est resté inchangé.
Infiltrations, accessibilité, sécurité
Ils pointent plusieurs problèmes jugés structurels : infiltrations d’eau récurrentes entraînant la condamnation de certaines zones, vétusté générale de l’ensemble bâti, et surtout un manque d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. L’accès à la librairie serait rendu difficile, voire impossible, en fauteuil roulant ou avec une poussette, en raison des marches à l’entrée et de la multiplicité des escaliers et niveaux à l’intérieur.
La question de la sécurité est également soulevée, avec des risques de chute liés aux escaliers, tandis que les conditions de confort sont jugées insuffisantes, notamment dans les étages supérieurs où les températures peuvent devenir difficiles à supporter.
Une situation connue des autorités locales. « Depuis plusieurs années, la mairie nous accorde un droit sur un bâtiment qui n’est pas aux normes d’accessibilité », précise David Lafarge, qui espère que cette mobilisation contribuera à faire évoluer le dossier.
Source:
www.livreshebdo.fr

