La « Bonne Mère » est, à Marseille, le surnom de la basilique Notre-Dame de la Garde, édifice de style romano-byzantin plus monumental qu’harmonieux élevé sous le Second Empire à l’emplacement d’une chapelle du XIIe siècle. Elle est l’un des lieux symboliques de la ville et de son histoire. Le MuCEM en est désormais un autre, où a lieu l’exposition appelée « Bonnes mères », au pluriel. Elle a pour sujet annoncé la maternité dans l’espace méditerranéen. Très vaste, elle rassemble des artefacts extrêmement variés, des statuettes de déesses de la fertilité égyptiennes, chypriotes ou carthaginoises à des instruments d’obstétrique, des images de propagande nataliste à des œuvres picturales et photographiques actuelles. Ses chapitres, aux titres parfois peu explicites, se succèdent le long d’un parcours sinueux entre tant d’objets et de documents de nature matérielle, d’époque, d’origine et de destination si multiples.
Elles le sont d’autant plus qu’il apparaît, dès l’entrée, que l’exposition déborde des limites qu’elle est supposée tenir : les civilisations riveraines de la Méditerranée. La Vénus gravettienne de Lespugue, que Prune Nourry agrandit aux dimensions d’une statue, suivant en cela l’exemple de Judy Chicago, ne relève pas d’une culture de la Méditerranée, mais d’une civilisation dont les traces se trouvent partout en Europe. Et Louise Bourgeois, dont la célèbre Nature Study est toute proche, pas davantage, l’artiste franco-américaine ayant fait toute son œuvre à New York.
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Source:
www.lemonde.fr

