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« A l’Assemblée nationale, l’information scientifique de France Télévisions et de Radio France a été caricaturée et éreintée sans nuances et sans contradictoire »

Après le procès politique des journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, maladroitement maquillé en travail parlementaire, il semblait acquis que la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public avait atteint une sorte de plancher moral et intellectuel, et qu’elle ne pourrait s’enfoncer plus bas. C’était sans compter l’audition du 26 mars, consacrée à l’information scientifique. Pendant deux heures, le travail de France Télévisions et de Radio France a été caricaturé et éreinté sans nuances, sans contradictoire, les noms et les réputations jetés en pâture, le tout au moyen d’une accumulation spectaculaire de contrevérités énoncées sous serment.

Seule journaliste invitée, Géraldine Woessner (Le Point) a fait du traitement de la science dans l’audiovisuel public une peinture cataclysmique, tançant particulièrement l’émission « Sur le front » et son producteur, Hugo Clément, accusé de « propager de la désinformation ». La journaliste en prend pour exemple un reportage dans un élevage de lapins où un fort usage d’antibiotiques était décrit par l’éleveur lui-même. « C’est faux, ils ne sont pas bourrés d’antibiotiques : l’usage d’antibiotiques est interdit en élevage, a expliqué Mme Woessner. On a un réseau de l’Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail], Resapath, qui dresse des bilans très précis annuels de l’antibiorésistance et de l’usage d’antibiotiques dans les élevages. » C’est interdit, mais les autorités en dressent des « bilans très précis annuels » : comprenne qui pourra. « La législation française est très bien faite, dit-elle. Un animal d’élevage qui a été médiqué sort du circuit d’abattage. Il ne pourra jamais être commercialisé. » Une affirmation extravagante.

Mme Woessner reproche aussi à Radio France d’avoir interrogé dans un reportage une toxicologue, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), sur son thème d’expertise. « Son avis est parfaitement minoritaire dans la communauté scientifique », estime notre consœur, qui met le nom de la chercheuse à l’encan.

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Source:

www.lemonde.fr