Quatorze élus de l’Assemblée de la Polynésie française ont démissionné jeudi à Papeete (vendredi 3 avril à Paris) de leur groupe indépendantiste, qui ne détient plus la majorité absolue. « Cette décision a été mûrement réfléchie. Elle ne remet pas en cause le respect que nous portons à votre égard, ni les combats que nous avons pu engager », ont écrit ces élus dans un courrier au président de leur parti et de leur groupe politique, Oscar Temaru.
Le groupe Tavini ne dispose plus que d’une majorité relative de 22 élus, sur les 57 représentants que compte l’assemblée locale. Le parti a appelé tous ses cadres à une « réunion d’urgence » vendredi.
Les élus démissionnaires, à tendance modérée, sont proches du président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, élu en 2023. Ses relations se sont tendues avec les autres cadres du parti indépendantiste Tavini Huiraatira depuis ces dernières années.
Le Tavini est présidé depuis sa création par Oscar Temaru (81 ans), secondé par Antony Géros, président de l’Assemblée de la Polynésie française. Tous deux incarnent un indépendantisme plus radical que celui de M. Brotherson. Ils souhaitent une souveraineté rapide, tandis que le président polynésien appelle à se donner le temps de la préparer.
Les tensions entre les deux courants du parti sont apparues dès le début du mandat de Moetai Brotherson, et se sont aggravées sur le sujet de l’exploitation des ressources minières sous-marines. Oscar Temaru la considère comme une manne financière qui permettrait l’indépendance économique de la Polynésie française, tandis que Moetai Brotherson, comme la France, est opposé à cette exploitation, par crainte de dommages irréversibles dans l’océan Pacifique.
Un parti divisé face aux enjeux miniers et électoraux
Le fossé s’est encore creusé avec les élections municipales : le parti a refusé d’apporter son soutien aux candidats réputés proches de M. Brotherson, et plusieurs candidats indépendantistes se sont affrontés dans de nombreuses communes.
Conséquence : le parti a essuyé une lourde défaite dans les urnes, notamment à Paea, sur l’île de Tahiti, où l’autonomiste Tepuaraurii Teriitahi l’a emporté dès le premier tour face au maire sortant, Antony Géros.
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Le jeune ex-député Tematai Le Gayic avait entériné la scission en démissionnant du Tavini au lendemain des municipales. Candidat à Papeete, il n’avait pas été soutenu par le parti et avait perdu au second tour, tout en devançant largement le candidat officiel du Tavini. Il fait partie des élus démissionnaires du groupe indépendantiste à l’Assemblée polynésienne, tout comme l’autre ex-député Steve Chailloux, mais aussi des figures du parti comme Thilda Harehoe ou Pauline Niva.
Source:
www.lemonde.fr

