De Michel Journiac (1935-1995) n’ont été longtemps bien connues que la performance Messe pour un corps (1969) et les suites de photographies performées Hommage à Freud (1972) et 24 heures de la vie d’une femme ordinaire (1974), hilarante et cruelle satire féministe. C’était assez pour établir qu’il est de ces artistes qui prennent tous les risques. Mais, depuis une dizaine d’années, sa trajectoire apparaît de plus en plus clairement, à mesure que sont présentées des œuvres qui étaient demeurées dans son atelier après sa mort, ou dans des collections privées. Le mérite en revient pour beaucoup à l’historienne d’art Armance Léger, commissaire de l’exposition « Michel Journiac. Le corps transfiguré ».
Un premier point est le rapport de Journiac à la peinture. Il commence avec elle, et les toiles que l’on découvre enseignent combien, au début des années 1960, l’artiste regarde du côté d’Egon Schiele et de Francis Bacon, déjà connu à Paris à cette date. Comme celui-ci, il a le corps humain pour sujet, mais le corps écorché, ouvert, dépecé. Le fond est blanc, les chairs sont sanglantes ou bleues, et le geste du peintre, sinueux, dessine muscles ou organes. Les séries se nomment « Alphabet du corps » et « Signe du sang ». Très vite la peinture ne suffit plus. Journiac lui ajoute des tissus, draps ou vêtements également blanchis, froissés, collés ou ficelés.
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Source:
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