L’impasse entre le gouvernement des États-Unis et la Cour pénale internationale (CPI) est entrée dans une nouvelle phase la semaine dernière alors que les représentants du gouvernement à Washington ont sanctionné quatre hauts responsables de la CPI le 20 août. (Sénégal).
Agissant en vertu du décret exécutif n ° 14203, le président Donald Trump a autorisé le Bureau du Trésor américain du contrôle des actifs étrangers (OFAC) pour geler toute propriété dans la juridiction américaine, interdire les relations financières et imposer des restrictions de voyage aux responsables nommés de l’ICC. L’OFAC a également délivré une licence générale 9 permettant une fin à la fin des transactions avec les personnes sanctionnées. Les mesures font suite à une première tranche de sanctions en juin 2025, qui a mis sur liste noire quatre autres juges de la CPI.
La CPI a rapidement dénoncé cette décision comme «une attaque flagrante contre l’indépendance judiciaire», tandis que le gouvernement israélien l’a accueilli comme une défense de la souveraineté contre ce qu’elle considère comme une procédure politiquement motivée.
Les sanctions reposent sur la loi internationale sur les puissances économiques d’urgence (IEEPA) et les lois connexes, ce qui donne au président une large autorité pour répondre à ce qu’il juge les menaces de sécurité nationale. Dans ce cas, le gouvernement américain a caractérisé les enquêtes de la CPI – en particulier ses mandats d’arrêt en 2024 contre des responsables israéliens pour leur rôle présumé dans la réalisation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Palestine, et son enquête sur les crimes de guerre potentiels par le personnel militaire américain et la CIA en Afghanistan – comme des tentatives illégitimes pour affirmer la juridiction militaire et la CIA par rapport aux États non parties.
Les États-Unis et Israël ne sont pas des parties à la loi de Rome, et les deux gouvernements soutiennent que leurs ressortissants ne peuvent pas être soumis à des poursuites ICC sans renvoi du Conseil de sécurité. En ce sens, les sanctions du gouvernement américain contre la CPI sont non pas conçues comme une attaque contre la responsabilité en soi, mais comme une protection des principes fondamentaux de la souveraineté et du consentement en vertu du droit international.
En vertu de l’article 12 du statut de la Rome, la CPI affirme sa compétence sur les crimes commis sur le territoire d’une partie d’État – même si les auteurs présumés sont des ressortissants d’un pays qui n’est pas partie à la loi de Rome. Ce principe constitue la base des enquêtes de la Cour en Palestine et en Afghanistan. Les critiques soutiennent que cette approche va au-delà de ce que les pays ont initialement accepté et pourraient rendre la justice internationale plus politique.
Pour les États-Unis et Israël, les sanctions reflètent une opinion selon laquelle la CPI a dépassé son mandat en ciblant les États non membres. Selon ce point de vue, le gouvernement américain soutient qu’il peut utiliser ses lois nationales pour protéger les citoyens et les alliés d’un tribunal dont ils ne reconnaissent pas la légitimité, renforçant le scepticisme bipartisan envers la CPI.
La réaction internationale a été mitigée: de nombreux gouvernements européens ont critiqué les sanctions, tandis qu’Israël et certains législateurs américains les ont accueillis aussi longtemps. Les critiques avertissent que les sanctions américaines pourraient avoir un effet effrayant sur l’indépendance judiciaire, tandis que les partisans soutiennent que la CPI sape sa propre crédibilité en ciblant des États qui n’ont jamais consenti à sa juridiction. Pour les États-Unis et Israël, les sanctions visent moins à paralyser la cour et à tracer une ligne claire: la justice internationale, selon eux, doit respecter la souveraineté et éviter de devenir un véhicule de politique.
Les sanctions mettent en évidence une faille croissante entre la souveraineté du pays et les aspirations universalistes de la CPI. En ciblant directement les juges et les procureurs, le gouvernement américain a soulevé une question à savoir si le tribunal peut légitimement poursuivre les responsables des États non membres et si de telles actions sapent l’indépendance judiciaire.
L’impact pratique dépendra de facteurs tels que la question de savoir si l’OFAC applique les désignations, comment les tribunaux américains gèrent les défis constitutionnels et si les États membres de la CPI se rassemblent pour défendre le tribunal. L’impact symbolique, cependant, est immédiat: un signal fort que la justice internationale ne peut pas fonctionner sans consentement de l’État.
La sanction par le gouvernement américain des responsables de la CPI est légalement fondée sur le droit intérieur, politiquement calibrée pour protéger les intérêts américains. Bien que controversés, ces actes reflètent une position souveraine cohérente: sans consentement du traité, les tribunaux internationaux ne peuvent légitimement exercer leur compétence sur les non-parties.
Que l’on considère les sanctions comme une excession coercitive ou une défense fondée sur des principes de la souveraineté, ils ont forcé la communauté internationale à compter avec la tension non résolue entre la souveraineté et la responsabilité mondiale – un débat qui façonnera l’avenir de la justice internationale.
Les opinions exprimées dans les dépêches de juristes sont uniquement celles de nos correspondants sur le terrain et ne reflètent pas nécessairement les vues des éditeurs, du personnel, des donateurs ou de l’Université de Pittsburgh du juriste.

