« Le plus grand match de l’histoire de la Ligue des champions ? », « Un nouveau tournant dans l’histoire du jeu ? » : fût-ce sur le mode interrogatif, le quotidien L’Equipe n’a pas modéré son enthousiasme, mercredi 29 avril, au lendemain d’un PSG-Bayern (5-4) époustouflant, en demi-finale aller de la prestigieuse compétition européenne. Infirmant la thèse d’un excès de chauvinisme, la presse étrangère elle-même a parlé de « football de demi-dieux », de « chef-d’œuvre » ou de « match du siècle ».
Avec sa myriade de buts (neuf au total), ses gestes exceptionnels et ses multiples rebondissements, cette rencontre mérite tous les superlatifs. Cependant, cette panthéonisation instantanée soulève des interrogations : quels sont les critères qui rendent un match de football « mythique » et comment se calculent ses chances de rester dans l’histoire ?
Premier paradoxe, cette consécration est accordée à une manche aller, avant d’en connaître la véritable portée sportive à l’issue du retour, mercredi 6 mai, à l’Allianz Arena de Munich. La plupart des matchs européens entrés dans la légende sont ceux qui ont rendu un verdict de qualification ou de victoire finale, si possible contre les probabilités. Le « miracle d’Istanbul », qui a sacré Liverpool, en 2005. Ou bien, du côté français et dans les années 1990, OM-AC Milan 1991, PSG-Real Madrid 1993, Bordeaux-AC Milan 1996.
Ne pas galvauder le terme d’« exploit »
Le sens définitif d’une victoire n’apparaît que lorsque le parcours du vainqueur est achevé. La fameuse et inimaginable remontada du Barça contre le PSG, en 2017, est ainsi plus demeurée dans l’histoire du vaincu que dans celle du vainqueur, éliminé au tour suivant.
Peu de commentaires ont rappelé le double affrontement dantesque entre Barcelone et l’Inter Milan (4-3, puis 3-3), la saison dernière, au même stade de la compétition. Peut-être, justement, parce que son ampleur a été amoindrie par la déroute des Italiens en finale contre le PSG (0-5). Toutefois, on semble avoir oublié d’autres demi-finales, comme les allers-retours Manchester City-Real Madrid, en 2022 (4-3, puis 1-3) ou Liverpool-AS Roma, en 2018 (5-2, puis 2-4).
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Source:
www.lemonde.fr

