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« Il joue un rôle fédérateur dans l’écosystème des métiers d’art » : après avoir failli disparaître, l’Institut pour les Savoir-Faire français se réinvente

Fondée en 1889, la Société d’encouragement aux Arts et à l’Industrie est l’une des premières associations à être reconnue d’utilité publique. Elle perdure aujourd’hui sous une appellation qui reflète l’évolution de ses missions, dont la sauvegarde des 281 métiers d’art exercés en France. Après avoir frôlé la disparition en 2024, l’Institut pour les savoir-faire français repart de l’avant avec une ambition intacte : valoriser et transmettre ces métiers d’exception et accompagner ceux qui les font vivre, sur l’ensemble du territoire. Des Journées européennes des Métiers d’art (JEMA) au Prix Avenir Métiers d’Art, en passant par l’accélérateur ACMÉ, l’Institut demeure un des piliers de l’écosystème des métiers d’art.

Quelles sont les missions de l’Institut pour les Savoir-Faire français, dont l’origine remonte à 1889 ?

L’association, reconnue d’utilité publique et sociale, œuvre en faveur des métiers d’art et des savoir-faire d’exception partout en France. Cette mission se décline en trois volets complémentaires. Tout d’abord, l’Institut s’attache à mettre en valeur et faire connaître ces savoir-faire auprès de différents types de publics : le grand public, les jeunes et aussi les décideurs politiques. Notre deuxième mission consiste à aider ces métiers à perdurer : il s’agit de favoriser la transmission des savoir-faire, d’encourager les vocations. Par exemple, depuis 2002, chaque année, notre Prix Avenir Métiers d’Art distingue des jeunes de moins de 26 ans en formation professionnelle. Mais ces savoir-faire ne peuvent pas avoir d’avenir s’ils ne sont pas portés par des entreprises qui trouvent leur équilibre, grandissent. Accompagner ces entreprises constitue donc le troisième volet de la mission de l’association.

L’ébéniste Maxime Jeanne, l’un des lauréats du Prix Avenir Métiers d’Art 2025, a été récompensé pour son présentoir à montres MJ01 :

Maxime Jeanne, BTMS Ébéniste concepteur – MJ01, présentoir à montres

Quelle place, quel rôle joue l’Institut pour les Savoir-Faire français dans l’écosystème des métiers d’art ?

Constituer un espace de dialogue, de rencontres au sein de l’écosystème des métiers d’art est inhérent à la démarche même de l’Institut. En effet, l’association s’implique en permanence dans des projets avec des collectifs, des professionnels des métiers d’art, des collectivités, des universités, des manufactures, des entreprises… Nous avons donc une vision large de ce qui se passe sur le territoire. En outre, chaque année, nous organisons une quarantaine d’événements, autant d’occasions de rencontres pour les acteurs de l’écosystème qui ne se connaissent pas nécessairement. Par ailleurs, lorsque nous mettons en place des projets d’envergure, nous y associons tout naturellement les acteurs concernés. Exemple : le projet Per Durare, qui vise à identifier les savoir-faire rares, développé avec la fondation AG2R La Mondiale. Ateliers d’Art de France, le Comité Colbert, les Manufactures nationales, Réseau Excellence, des universitaires… y contribuent. D’une certaine manière, l’Institut joue un rôle fédérateur de l’écosystème des savoir-faire.

Démonstration de plumasserie par Blandine Mercier, lauréate du Prix Avenir Métiers d’Art 2024, lors d’un événement du groupe Ag2R LA MONDIALE organisé au Philanthro-Lab dans le cadre du programme Per Durare. © Corentin Bonnin.

Démonstration de plumasserie par Blandine Mercier, lauréate du Prix Avenir Métiers d’Art 2024, lors d’un événement du groupe Ag2R LA MONDIALE organisé au Philanthro-Lab dans le cadre du programme Per Durare. © Corentin Bonnin.

En 2024, l’Institut a frôlé la disparition. Êtes-vous sortis de la crise ?

Nous avons vécu plusieurs mois très compliqués. Nous nous sommes de nous-mêmes engagés dans une procédure de sauvegarde en prévention. Ce choix difficile nous a imposé de repenser en profondeur notre modèle économique, nos modes de fonctionnement pour nous recentrer sur nos missions. En 2024, nous avions aussi perdu la gestion du label EPV, Entreprise du Patrimoine vivant : l’État a renouvelé son appel d’offres et choisi un autre prestataire privé? SGS. Mais depuis septembre 2025, nous sommes sortis de la procédure de sauvegarde. À présent, nous sommes 17 salariés contre 36 en 2024. En dépit des difficultés, durant tous ces mois, nous avons maintenu une activité très dense. En particulier, nous sommes parvenus à maintenir les JEMA, Journées européennes des Métiers d’art, avec 1,7 million de visiteurs. C’est encourageant, tout comme le soutien du ministère de la Culture pleinement engagé à nos côtés, celui de la Fondation Michelin pour les JEMA de 2026 et celui de nouveaux mécènes comme le CIC.

Les lauréats des Prix Avenir Métiers d’Art 2025 de l’Institut pour les Savoir-Faire français. © Augustin d'Etienne pour l'Institut pour les Savoir-Faire français.Les lauréats des Prix Avenir Métiers d’Art 2025 de l’Institut pour les Savoir-Faire français. © Augustin d'Etienne pour l'Institut pour les Savoir-Faire français.

Les lauréats des Prix Avenir Métiers d’Art 2025 de l’Institut pour les Savoir-Faire français. © Augustin d’Etienne pour l’Institut pour les Savoir-Faire français.

Dans un contexte économique national difficile, quelles priorités fixez-vous à l’Institut pour les années qui viennent ? Allez-vous développer des projets nouveaux ?

La mission de l’Institut demeure inchangée, mais nous allons faire évoluer certaines actions. Par exemple, une priorité s’impose : en 2024, nos études ont montré que 37 % des dirigeants ont plus de 55 ans. Cela laisse présager un nombre significatif de départs à la retraite au cours des dix prochaines années. Nous souhaitons donc dès cette année mettre en place un observatoire permettant un suivi de la situation économique des entreprises. Il est essentiel que tous les acteurs de l’écosystème public ou privé disposent d’informations fiables pour anticiper cette évolution majeure.

Première Rencontre inspirante, organisée par l’ISFF au Philanthro-Lab le 17 avril 2025 sur le thème : « L’entrepreneuriat au féminin : la transmission d’entreprise ». © Juliette Bébin pour l'Institut pour les Savoir-Faire français.Première Rencontre inspirante, organisée par l’ISFF au Philanthro-Lab le 17 avril 2025 sur le thème : « L’entrepreneuriat au féminin : la transmission d’entreprise ». © Juliette Bébin pour l'Institut pour les Savoir-Faire français.

Première Rencontre inspirante, organisée par l’ISFF au Philanthro-Lab le 17 avril 2025 sur le thème : « L’entrepreneuriat au féminin : la transmission d’entreprise ». © Juliette Bébin pour l’Institut pour les Savoir-Faire français.

Parmi nos autres actions, les Journées européennes des Métiers d’art restent une priorité et nous allons travailler à renforcer leur dimension européenne. Et en matière d’accompagnement des projets, en mars dernier, nous avons procédé au premier appel à candidature de notre nouvel accélérateur, ACMÉ, destiné aux projets collectifs portés par des acteurs divers, culturels, du tourisme, élus locaux, professionnels des savoir-faire. L’expérience nous a enseigné que ce caractère collectif de ces projets est un facteur clé de leur réussite.


Source:

www.connaissancedesarts.com