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Le 21 avril s’est ouvert le procès du jeune, mineur à l’époque des faits, accusé d’avoir poignardé à mort son enseignante, Agnès Lassalle, en 2023, à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), en pleine salle de classe. Ce procès ravive une sidération. Il rappelle ce que l’institution scolaire peine encore à regarder en face : la violence extrême peut frapper un professeur dans l’exercice de sa mission. Pour beaucoup, enseigner n’est plus seulement transmettre, accompagner, émanciper, mais aussi tenir, encaisser, se protéger, parfois se taire.
La violence contre les enseignants est une réalité diffuse, souvent banalisée, parfois minimisée : les formes les plus spectaculaires masquent mal un continuum plus régulier d’insultes, menaces, intimidations, contestation de l’autorité pédagogique, pressions de parents, mise en cause publique, atteintes à la laïcité, isolement des personnels. Les chiffres du ministère de l’éducation nationale dessinent un paysage préoccupant : plus de 500 accidents du travail enregistrés en 2024 à la suite d’agressions physiques, soit une hausse de 4 % [selon le bilan annuel des accidents du travail et des maladies professionnelles, transmis aux organisations syndicales en novembre 2025].
La note de la DEPP [direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, le service statistique de l’éducation nationale] de juillet 2025 sur le vécu au travail signale que les personnels du second degré sont 57 % à déclarer avoir été exposés à au moins une forme d’atteinte durant l’année scolaire 2023-2024 (42 % à de l’arrogance ou du mépris, 27 % à un refus ou une contestation d’enseignement ou d’exercice des missions. Enfin, à des violences verbales, physiques ou à des faits de harcèlement). Les motifs d’ordre professionnel (liés au statut, à la fonction…) sont les plus fréquemment invoqués par ces personnels (38 %).
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