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Bologne, ville symbole de l’Italie progressiste, ciblée par l’extrême droite

A la gare de Bologne se trouve une horloge qui donne l’heure exacte deux fois par jour : à 10 h 25 du matin et du soir. Le cadran est un lieu de mémoire. Ses aiguilles ont figé un traumatisme encore vif. Au matin du 2 août 1980, 85 vies ont été disloquées ici, dans l’explosion d’une bombe à retardement. Les procès, qui ont duré jusqu’en 2025, ont montré que les responsables, des terroristes d’extrême droite, agissaient dans le cadre d’un réseau comptant de hauts gradés qui œuvrait à l’avènement d’un régime autoritaire. L’attentat mettait fin aux années dites « de plomb », qui s’égrenaient en Italie dans la violence d’une guerre civile diffuse depuis 1968 entre une extrême gauche armée et des paramilitaires néofascistes liés aux couches profondes de l’Etat.

Gravés sur une plaque, les noms des victimes sont surmontés d’une épitaphe éteignant toute querelle sémantique : « Victimes du terrorisme fasciste ». Bologne la rouge avait été punie par les nouvelles Chemises noires, avec sa mémoire de luttes et de résistance. A posteriori, l’Italie progressiste lit souvent dans cet événement l’annonce meurtrière d’une ère nouvelle, entre la fin de la contestation des années 1970 et le triomphe des idées néolibérales de Margaret Thatcher (1925-2013) et Ronald Reagan (1911-2004), dont Silvio Berlusconi sera bientôt l’imparfait épigone.

L’actuelle présidente de la commission parlementaire antimafia et antiterrorisme, Chiara Colosimo, est membre de Fratelli d’Italia, le parti issu du néofascisme de la présidente du conseil, Giorgia Meloni. Sa nomination en 2023 avait provoqué la colère des victimes : elle avait été photographiée enlaçant, en prison, l’un des responsables du massacre.

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Source:

www.lemonde.fr