Annonce publicitairespot_img
AccueilCultureLivres & LittératureBlois : la librairie Labbé a trouvé un repreneur potentiel

Blois : la librairie Labbé a trouvé un repreneur potentiel

Annoncée début février, la fermeture de la plus ancienne librairie indépendante de Blois avait suscité une vive émotion dans la ville et au-delà. À la mi-mars, un rebondissement : Olivier Labbé, propriétaire du magasin, confirme qu’un repreneur sérieux, dont l’identité reste encore secrète, s’est manifesté. Fort d’une dizaine d’années d’expérience comme directeur de librairie en région parisienne, il est déjà connu à Blois pour des boutiques éphémères réussies et une participation à l’implantation de Cultura à Vineuil. « La fermeture de la librairie déclenche des volontés exprimées par des gens qui avaient en tête de reprendre la librairie depuis un petit moment », confie Olivier Labbé à Livres Hebdo.

Une fermeture repoussée en août

Quatre porteurs de projet s’étaient manifestés à la suite de l’annonce de fermeture. C’est cet ancien directeur de librairie, déjà implanté localement, qui a convaincu le plus vite, en apportant d’emblée le tiers de la somme nécessaire. « Il fallait que le projet puisse sérieusement être envisagé par les collectivités ou les banques. Très rapidement, il s’est positionné avec le tiers de la somme. C’est arrivé quelques semaines seulement après l’annonce de la fermeture », détaille Olivier Labbé. Les négociations avancent depuis au quotidien. « Tous les jours, il y a un problème qu’on aborde et on trouve toujours une solution », assure-t-il.

Le montage envisagé prévoit une cession du fonds de commerce pour un euro symbolique, tandis que le foncier serait racheté par Territoires développement. « Il nous faudra les convaincre, leur présenter quelque chose de sérieux et de viable, ils sont aussi comme un banquier là-dessus », tempère le libraire. Pour laisser le temps au projet d’aboutir, la fermeture initialement prévue fin juin a été reportée à fin août. Le stock est progressivement réduit en vue de la transition.

Une librairie redessinée

Le repreneur envisage une librairie légèrement recentrée. Certains rayons seraient supprimés, comme la presse papier et les CD-DVD, et d’autres dynamisés selon les saisons. « J’ai 63 ans, lui a moins de 40 ans, donc forcément le projet est totalement différent de ce que j’ai pu imaginer », reconnaît Olivier Labbé. Huit des dix salariés actuels pourraient être conservés, même si la période reste éprouvante pour les équipes : « On avance avec une épée de Damoclès et une incertitude sur la finalisation du projet. »

La mobilisation citoyenne et politique a sans doute pesé. « Quand la librairie ferme, c’est une telle émotion que personne ne peut être indifférent », estime Olivier Labbé, qui rappelle que l’établissement avait perdu 40 % de son chiffre d’affaires depuis l’ouverture d’un Espace Culturel Leclerc à soixante mètres, entraînant 200 000 euros de pertes en moins de deux ans.

La librairie, « dernier rempart des centres-villes »

L’issue reste suspendue à la validation du montage financier, avec une échéance fixée à la mi-mai. Mais Olivier Labbé se dit confiant sur le fond. « Je suis optimiste, la librairie me semble être le dernier rempart des centres-villes. Je pense que les éditeurs commencent à prendre conscience avec la crise actuelle que les Leclerc, les Cultura, le jour où le livre n’aura plus une place importante, ils arrêteront », affirme-t-il. Une conviction que le libraire étend à l’ensemble du secteur : « Ceux qui s’engagent aujourd’hui pour prendre des risques, ce n’est pas la grande distribution, ce sont les libraires ». Dans les prochaines semaines, les contours définitifs du projet devraient se préciser.


Source:

www.livreshebdo.fr