En Centrafrique, la Cour pénale spéciale annonce, ce mardi 21 avril, l’ouverture en juin prochain de son sixième procès. Ce procès tant attendu, dit « de Bossembélé », concerne l’ancien président François Bozizé et trois de ses anciens hauts responsables militaires. Ils sont poursuivis pour crimes contre l’humanité pour des faits commis entre 2009 et 2013 dans la ville de Bossembélé, au nord du pays, par la garde présidentielle. La Cour pénale spéciale a officiellement lancé ses activités en 2018. Elle a pour mandat de juger les crimes de droit international commis dans le pays depuis 2003.
Publié le : 23/04/2026 – 03:19
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Avec notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-Leu
Sous mandat d’arrêt international depuis avril 2024, l’ancien président de Centrafrique, François Bozizé, vit toujours en exil en Guinée-Bissau. Il est poursuivi pour des actes de torture et des meurtres qui auraient été commis par sa garde présidentielle au centre d’instruction militaire de Bossembélé, à 150 km au nord de la capitale centrafricaine, entre 2009 et 2013. François Bozizé étant absent du pays, la Cour a rappelé les mesures prises à son encontre. Ce que précise Ouasman Njikam, greffier en chef adjoint à la Cour pénale spéciale.
« La Cour est une institution nationale hybride, comparable à d’autres juridictions comme la CPI. Ces juridictions n’ont pas de police qui leur soit propre. Nous sommes donc obligés de nous appuyer sur la collaboration et la coopération. En ce qui concerne François Bozizé, il a encore vingt jours pour se présenter. S’il ne se présente pas, il sera jugé par contumace ».
Les trois anciens hauts responsables militaires poursuivis dans la même affaire, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy, sont quant à eux déjà en détention préventive en Centrafrique et prêts à être jugés. Force à la loi, rappelle Ouasman Njikam.
« Ce procès est un signal fort de la Cour : personne n’est au-dessus de la loi. Cette Cour a été créée pour rendre justice en RCA et pour traduire devant la justice les personnes présumées coupables des atrocités commises en République centrafricaine afin qu’elles soient jugées et punies si les faits sont établis. Le fait que ces personnes soient accusées ne signifie pas qu’elles sont coupables. C’est justement la raison pour laquelle elles sont invitées à venir se défendre et à confirmer ou nier les faits qui leur sont reprochés ».
La première audience de ce procès aura lieu le 16 juin prochain.
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Source:
www.rfi.fr

