Les dernières vociférations de Donald Trump ont conduit certains, jusque dans son propre camp, à s’interroger sur sa santé mentale et à envisager la possibilité de l’écarter du pouvoir grâce à la mise en œuvre du 25e amendement de la Constitution états-unienne. Ce texte, entré en vigueur en 1967, a un double objet. L’un, pris en charge par les deux premières sections du texte, est l’organisation de la succession à la présidence et à la vice-présidence des Etats-Unis dans l’hypothèse d’une vacance de ces offices. L’autre concerne les procédures relatives à l’incapacité du chef de l’Etat à exercer ses fonctions.
La première de ces procédures est déclenchée par le président lui-même, qui informe le Congrès de son inaptitude par une déclaration écrite. Elle a déjà été employée à quatre reprises, alors que le président devait subir une intervention médicale sous anesthésie générale afin de transférer les prérogatives présidentielles au vice-président pendant ce laps de temps limité.
La seconde de ces procédures, elle, est déclenchée par les conseillers les plus proches du président. C’est cette dernière éventualité qui a été envisagée récemment à l’encontre de Donald Trump par certains membres du Congrès face à l’escalade verbale et picturale dont il a fait preuve – de son exigence de rouvrir le canal d’Ormuz, adressée aux fucking bastards [salopards] du régime iranien à sa représentation en tant que Dieu guérisseur, en passant par la menace d’éradiquer en une nuit une civilisation entière.
Pourtant, une telle hypothèse est aussi improbable que peu souhaitable. Pour mettre en œuvre cette proposition, il faudrait que le vice-président, J. D. Vance, et une majorité des 15 chefs de départements ministériels transmettent aux présidents de la Chambre des représentants et du Sénat une déclaration attestant que le président des Etats-Unis leur paraît incapable d’exercer les pouvoirs et les devoirs de sa charge. J. D. Vance exercerait alors immédiatement les fonctions présidentielles.
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