L’Irak est plus que jamais pris en étau entre ses deux alliés, les États-Unis et l’Iran. Téhéran comme Washington mènent une guerre indirecte dans le pays. Dès les premières heures de la guerre, des frappes imputées aux États-Unis et à Israël ont visé des groupes armés irakiens considérés comme des proxys de l’Iran. Ces derniers ont rapidement répliqué. Selon le Wall Street Journal, Washington a également choisi lundi 19 avril de suspendre une importante livraison de dollars à Bagdad pour forcer les autorités à démanteler les groupes armés pro-iraniens.
Publié le : 22/04/2026 – 19:28
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Donald Trump a tout simplement choisi de couper les vivres à l’Irak. 500 000 millions de dollars en cash issus de la vente du pétrole irakien. La tension entre Bagdad et Washington n’a jamais été aussi forte, estime Hayder Al Shakeri, chercheur au sein du programme « Moyen-Orient et Afrique du Nord » de Chatham House.
« Actuellement les députés irakiens discutent de la composition d’un gouvernement suite aux législatives de l’automne dernier. Les États-Unis et l’Iran veulent influencer ces conversations. Un des leviers américains est de bloquer les rentes du pétrole irakien. Car depuis l’invasion américaine en 2003, l’argent passe par les États-Unis avant d’être envoyé en Irak. »
« Menace existentielle »
L’Irak traverse la crise actuelle avec un gouvernement sortant en charge des affaires courantes qui avait essayé de résoudre la problématique des groupes armés pro-iraniens, rappelle Hayder Al Shakeri.
« Ces dernières années, en collaboration avec la communauté internationale, le gouvernement irakien a tenté de rassembler ces groupes armés sous l’autorité de l’État », explique-t-il. « La majorité des groupes ont accepté, mais quand la guerre a commencé, que l’Iran a été violemment frappé et le Guide suprême tué, ces groupes ont ressenti une menace existentielle et cela les rend d’autant plus difficiles à contrôler. »
Plus de 90 % du budget irakien provient de la vente du pétrole et passe par les États-Unis. Le pays est d’ores et déjà frappé de plein fouet par la fermeture du détroit d’Ormuz.
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Source:
www.rfi.fr

