Quand les Israéliens se rendront aux urnes, en octobre, ils auront à se prononcer sur l’un des bilans de Benyamin Nétanyahou : l’isolement croissant de l’Etat hébreu. Le premier ministre israélien l’avait admis en septembre 2025, alors que la reconnaissance symbolique de l’Etat de Palestine progressait aux Nations unies. Plus les guerres conduites par Israël s’accumulent, et plus cet isolement grandit.
Les images dévastatrices pour Israël s’ajoutent les unes aux autres, comme celle publiée le 19 avril qui montre un soldat israélien frappant à coups de masse une statue du Christ jetée à terre dans un village chrétien conquis du sud du Liban. Elles peuvent être allégoriques, à l’instar de la couverture choc du magazine italien L’Espresso, le 10 avril. Cette une met en scène l’arbitraire qui règne en Cisjordanie, résumé par la confrontation entre un colon armé et une Palestinienne. L’effet de ces images est toujours le même : elles éloignent l’Etat hébreu de ses alliés européens et américains comme jamais par le passé.
A l’occasion de la Journée du souvenir des victimes de la Shoah, le 13 avril, le premier ministre israélien a pris les devants en rejetant la responsabilité de cet isolement sur une Europe qui aurait selon lui « tant oublié depuis l’Holocauste ». Cette Europe « aujourd’hui rongée par une profonde faiblesse morale », au dire du responsable israélien, « perd le contrôle de son identité, de ses valeurs et de son engagement à protéger la civilisation contre la barbarie ».
Contorsions
Ce discours s’est inscrit en droite ligne de la stratégie de sécurité nationale publiée par l’administration de Donald Trump en décembre 2025. Mais il est intervenu après la déroute électorale essuyée par celui qui faisait figure de contre-exemple idéologique européen pour Benyamin Nétanyahou, le premier ministre hongrois. Viktor Orban était le seul au sein de l’Union européenne (UE) à recevoir son homologue en dépit des mandats d’arrêt lancés par la Cour pénale internationale pour la conduite de la guerre à Gaza, après les massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas palestinien. Son successeur, Péter Magyar, a annoncé que cette exception appartenait désormais au passé.
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Source:
www.lemonde.fr

