Le Japon a mis en garde, lundi 20 avril, contre le risque accru d’un séisme « majeur » de magnitude égale ou supérieure à 8, après une violente secousse qui a ébranlé le nord du pays et déclenché une alerte au tsunami, levée quelques heures plus tard.
Le séisme, évalué dans un premier temps à une magnitude de 7,4, puis à 7,5, avant d’être encore réévalué à 7,7, s’est produit à 9 h 53, heure de Paris, dans les eaux du Pacifique, au large du nord de la préfecture d’Iwate, selon l’Agence météorologique japonaise (JMA). Les secousses ont été si violentes qu’elles ont fait trembler de grands immeubles jusqu’à Tokyo, à plusieurs centaines de kilomètres de l’épicentre.
L’agence japonaise a alors émis une alerte au tsunami prévoyant des vagues pouvant atteindre trois mètres. Vers 13 h 15, cette alerte a été revue à la baisse, évoquant un risque de vagues d’un mètre. Elle a ensuite été levée pour faire place à de simples appels à la vigilance sur l’immense côte nord-est du Pacifique. Ils ont ensuite été levés vers minuit, heure locale (17 heures à Paris), selon l’agence de presse Kyodo.
Environ 40 minutes après la secousse, une vague de tsunami de 80 centimètres avait été observée dans un port de Kuji, situé dans la préfecture d’Iwate, deux minutes après une première de 70 centimètres, a rapporté la JMA.
« Evacuez immédiatement les régions côtières »
Il n’est fait état dans l’immédiat ni de blessés graves ni de dégâts considérables, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara, lors d’une conférence de presse peu après le séisme, dont la magnitude a d’abord été évaluée à 7,4 puis 7,5.
Mais dans la foulée, la JMA a mis en garde contre le risque de répliques : « la probabilité qu’un nouveau et puissant séisme majeur se produise (…) est considérée comme relativement plus élevée qu’en temps normal », a-t-elle souligné. « Si un séisme majeur devait se produire à l’avenir, il est possible qu’un tsunami massif atteigne le littoral ou que de fortes secousses surviennent », a également affirmé l’agence.
Un membre de la JMA avait prévenu plus tôt lundi : « Pendant environ une semaine, soyez vigilants face aux répliques. Des répliques susceptibles de provoquer des secousses encore plus fortes peuvent se produire souvent dans les deux ou trois jours qui suivent un séisme majeur ».
« Evacuez immédiatement les régions côtières et les zones riveraines vers un endroit plus sûr, tel qu’un terrain surélevé ou un bâtiment d’évacuation », a immédiatement déclaré la JMA, relayée par la télévision NHK, juste après la secousse. Le bureau de la première ministre, Sanae Takaichi, avait annoncé avoir mis en place une cellule de gestion de crise.
Bordure occidentale de la « ceinture de feu » du Pacifique
Le pays est toujours traumatisé par le séisme de magnitude 9 de mars 2011, qui avait déclenché un tsunami, à l’origine de quelque 18 500 morts ou disparus. Ce séisme s’était déclenché sur la côte pacifique du Japon, le long de la fosse de Nankai, au large du pays.
Le Monde Mémorable
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Le Monde Application
La Matinale du Monde
Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer
Télécharger l’application
Newsletter abonnés
« International »
L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine
S’inscrire
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
« Le Monde » avec Perplexity
Une question sur cet article ?
Obtenez des réponses instantanées avec l’IA Perplexity
Interrogez-nous
Cette fosse sous-marine de 800 kilomètres est la zone où la plaque océanique de la mer des Philippines « s’enfonce » lentement sous la plaque continentale sur laquelle repose le Japon. Le gouvernement estime qu’un mégaséisme dans la fosse de Nankai, suivi d’un tsunami, pourrait tuer jusqu’à 298 000 personnes.
En 2024, la JMA avait utilisé pour la première fois un nouvel échelon de classification, une alerte sur la possibilité d’un « mégaséisme » le long de la fosse de Nankai. L’agence avait levé l’avis au bout d’une semaine, mais celui-ci avait entraîné des achats de panique de produits de base comme le riz et poussé des vacanciers à annuler des réservations hôtelières.
Elle avait émis un second avis de « mégaséisme » pendant une semaine en décembre 2025 après une secousse de magnitude 7,5 au large de la côte nord. Le séisme du 8 décembre avait déclenché des vagues de tsunami atteignant jusqu’à 70 centimètres et fait plus de 40 blessés, sans qu’aucun dégât majeur soit signalé.
L’année précédente, le 1er janvier 2024, un séisme de magnitude 7,5 – qui était alors le plus fort ressenti dans le pays depuis plus de dix ans – avait frappé la péninsule de Noto (centre) et causé la mort de près de 470 personnes.
Le Japon se trouve à la jonction de quatre grandes plaques tectoniques, sur la bordure occidentale de la « ceinture de feu » du Pacifique, et figure parmi les pays les plus actifs au monde d’un point de vue sismique. L’archipel, qui compte environ 125 millions d’habitants, subit quelque 1 500 secousses chaque année. La grande majorité d’entre elles sont légères, bien que les dégâts varient selon leur localisation et leur profondeur sous la surface terrestre.
Source:
www.lemonde.fr

