Six ans après la mort de Diego Maradona et un an après le scandale qui avait conduit à annuler un premier procès, s’ouvre, mardi 14 avril, la seconde procédure judiciaire qui devra déterminer si sept des professionnels de la santé qui s’occupaient de la star de football sont coupables de négligences fatales qui ont conduit à son décès. Ils encourent des peines allant de huit à vingt-cinq ans de prison.
Le processus judiciaire a été jusqu’à présent aussi tortueux et médiatique que la fin de vie de la légende du football mondial. En effet, l’une des juges du premier procès avait, à l’insu de tous, filmé les audiences pour un documentaire aux forts accents de télé-réalité, dont elle aurait été la vedette. Comme le rappelle le quotidien populaire Clarín : “Ce scandale avait abouti à la destitution de la juge [et à son inhabilitation à vie], puis au tirage au sort d’un nouveau tribunal, à plusieurs récusations, requêtes et même à une demande de report.”
Traumatisme national
Les vingt audiences déjà réalisées en 2025, durant lesquelles ont déposé 44 témoins ont été considérées comme nulles. “Tout recommence depuis le début, de zéro, écrit le quotidien Perfil. Rien n’a servi, tout a été en vain. Un procès entier jeté à la poubelle.”
Les mêmes suspects s’assiéront sur le banc des accusés du tribunal de San Isidro, dans la banlieue de Buenos Aires : quatre médecins, deux infirmiers et un psychologue. La question est de savoir si la mort du génial meneur de jeu, à la suite d’un arrêt cardio-respiratoire le 25 novembre 2020, aurait pu être évitée et s’il y a eu négligence de la part de son équipe de soignants. La nouvelle de la disparition de Diego Maradona à l’âge de 60 ans avait terriblement choqué les Argentins.
En face, pour la partie civile, les mêmes personnes seront présentes, comme le souligne Perfil : “Dalma, Gianina et Jana Maradona [trois des filles de Maradona], la mère d’un autre de ses fils, ses sœurs, son avocat, les médecins qui ont réalisé l’autopsie et tous ceux qui ont accompagné ‘Pelusa’ [‘Peluche’ en français, l’un des surnoms d’enfance de Diego Maradona] dans ses derniers instants devront à nouveau témoigner.”
Lors du précédent procès, rappelle le quotidien Página 12, l’un des moments forts avait été l’exposé du procureur Patricio Ferrari, qui, montrant une photo du footballeur sur son lit de mort, avait tonné : “Ceux qui viennent vous dire qu’ils n’ont pas vu ce qui arrivait à Diego vous mentent effrontément. Son état parlait de lui-même. Ils vous mentent s’ils ne vous avouent pas avoir participé à un meurtre.”
À raison de deux audiences programmées par semaine, ce nouveau procès devrait durer plusieurs mois.
Source:
www.courrierinternational.com

