Plus de quatre ans après la loi PMA pour toutes, les délais d’attente pour bénéficier d’une procréation médicalement assistée (PMA) avec dons de gamètes restent longs. « Après plusieurs années de hausse, le délai de prise en charge semble se stabiliser », souligne néanmoins l’agence de la biomédecine dans un communiqué publié mardi 14 avril, et portant sur l’année 2025.
« Pour une AMP [assistance médicale à la procréation ou PMA] avec don de spermatozoïdes, le délai moyen est de 17,7 mois, égal à celui de 2024. Bien que ce niveau soit stable, il reste élevé, traduisant des tensions persistantes entre l’offre et la demande. »
Selon les territoires, les délais peuvent en effet varier de huit à vingt-huit mois, avec de fortes tensions constatées entre autres dans certains centres d’Ile-de-France, de Bourgogne-Franche-Comté, de Nouvelle-Aquitaine et de la Réunion, précise-t-elle.
Dans le détail, plus de 5 300 personnes ont pu accéder à une première tentative de PMA avec dons de spermatozoïdes en 2025, soit une hausse de 10,4 % sur un an. Tous types de profils confondus, le nombre de personnes en attente d’un don de spermatozoïdes est en baisse, passant de 10 600 à fin 2024 à 8 700 à fin 2025, ajoute l’agence de biomédecine.
« Poursuivre l’effort pour le don d’ovocytes et de spermatozoïdes »
Une file d’attente qui diminue, et ce malgré une demande qui, avec après la loi de bioéthique ouvrant la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, reste longue avec plus de 12 000 demandes enregistrées, « soit un volume six fois supérieur » à celui observé avant 2021. Cette demande, qui est relativement stable sur un an (+ 3 %), provient de plus en plus de femmes seules (47 %, contre 45 % en 2024 et 44 % en 2023), devant les femmes en couple avec une femme (38,8 %) et les femmes en couple avec un homme (14,2 % contre 17 % en 2024 et 18 % en 2023).
Concernant les dons, 1 015 candidats au don de spermatozoïdes ont été recensés en 2025. Le nombre de donneuses d’ovocyte a franchi, lui, pour la première fois le seuil des 1 000 (1 050). « Malgré cette évolution, plus de 2 700 personnes restent en attente d’une prise en charge à fin 2025 » et les délais « restent longs, avec une moyenne de vingt-deux mois en 2025 », contre vingt-quatre mois en 2024, peut-on lire.
Pour l’agence de la biomédecine, « si les Français ont montré en 2025 une mobilisation croissante », l’engagement « ne suffit pas encore à couvrir l’ensemble des besoins » et il est indispensable de « poursuivre l’effort pour le don d’ovocytes et de spermatozoïdes ».
Enfin, la congélation des ovocytes rencontre un fort engouement, avec plus de 20 700 demandes de première consultation enregistrées, contre plus de 15 500 en 2024. Au total, 6 720 personnes ont bénéficié de cette procédure en 2025, une hausse de 31 % sur un an.
Source:
www.lemonde.fr

