Annonce publicitairespot_img
AccueilLifestyleDivertissementNicolas Sarkozy livre le fond de sa pensée sur Rachida Dati et...

Nicolas Sarkozy livre le fond de sa pensée sur Rachida Dati et ça a du mal à passer, "avec père et mère algérien et marocain"

Nicolas Sarkozy a déclenché une vive polémique en expliquant
qu’il avait nommé
Rachida Dati à la Justice en 2007 parce qu’elle incarnait,
selon lui, la « diversité » de la France. Il avait même justifié ce
choix par les origines de ses parents, « avec père
et mère algérien et marocain » pour « parler de la politique
pénale ».

Cette phrase, prononcée lors d’un meeting à
Boulogne-Billancourt, a été perçue comme une réduction de
l’ancienne garde des Sceaux à ses seules origines
maghrébines. Et ce au moment même où l’ex-président
prétendait illustrer l’ouverture de son gouvernement.

Une « diversité » mise en avant qui tourne au malaise

En revenant sur la composition de son gouvernement de 2007,

Nicolas Sarkozy a cité Rachida Dati parmi les figures censées
symboliser la représentation de « toute la France » au sommet de
l’État, au même titre que Rama Yade ou
Christine Lagarde. Devant ses militants, il s’est félicité
d’avoir voulu montrer une France « dans sa diversité ». Il a ainsi
présenté la nomination de Dati, de père marocain et de mère
algérienne, comme ayant « du sens » précisément pour traiter
de politique pénale.

Mais la petite phrase sur Rachida Dati a immédiatement choqué,
sur les réseaux sociaux comme dans la classe politique. Et pour
cause, elle semble établir un lien direct entre origines
maghrébines et questions de délinquance ou de
justice. Aux yeux de nombreux internautes et responsables
associatifs, notamment au sein d’organisations antiracistes,
l’ancien chef de l’État donne l’impression d’avoir choisi sa
ministre d’abord comme symbole ethnique, plutôt que pour ses
compétences, en essentialisant son parcours.

Réprobation politique et débat sur la
stigmatisation

Les réactions n’ont pas tardé, y compris à droite. Certains
responsables ont jugé les propos de Nicolas Sarkozy au minimum
« maladroits ». Ils ont pointé le risque de classer les citoyens en
catégories selon leur origine ou leur couleur de
peau. François Bayrou, notamment, a dénoncé cette manière
de « toujours parler des origines et de la couleur de la peau ». Il a
considéré que cela revient à distinguer plusieurs types de
citoyens, à rebours de l’égalité républicaine.

Au sein de la gauche et des mouvements antiracistes, la phrase a
été qualifiée d’ »hallucinante ». Certains élus
rappelent que reconnaître la diversité ne doit pas conduire à
assigner les responsables politiques à une identité communautaire
ni à faire de leurs origines un critère de recrutement ministériel.
La principale intéressée, Rachida Dati, ne s’est pas précipitée
pour commenter, mais la polémique a relancé un débat sensible :
jusqu’où peut-on invoquer la « diversité » pour valoriser un bilan
politique sans tomber dans la stigmatisation ou
l’instrumentalisation des origines de celles et ceux qu’on met en
avant ?


Source:

www.closermag.fr