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Un tribunal américain ordonne la restitution à un agriculteur français d’un Modigliani volé à son grand-père par les nazis

Après quinze ans de bataille judiciaire, l’Homme assis (appuyé sur une canne), d’Amadeo Modigliani, va sans doute rentrer en France. Plus précisément en Dordogne, au domicile d’un agriculteur de 80 ans, Philippe Maestracci. Ainsi en a décidé, par une décision rendue le 3 avril 2026, qui court sur 35 pages, la Cour suprême de l’Etat de New York. Ce qui pourrait mettre fin à une bataille judiciaire de dix-sept ans au sujet d’une toile représentant Georges Menier, industriel de la chocolaterie, mort en 1933, après avoir été maire de Lognes (Seine-et-Marne) et compositeur d’opérette.

Peint en 1918 par l’artiste italien, ce tableau est aujourd’hui estimé à près de 21,5 millions d’euros. Il est surtout au cœur d’une procédure interminable au terme de laquelle la justice américaine a bien confirmé que la toile avait été confisquée par les nazis en 1944. Et que son propriétaire actuel, le milliardaire David Nahmad, richissime collectionneur né à Beyrouth en 1947, aujourd’hui résident monégasque, devait la rendre à Philippe Maestracci, seul descendant de celui qui la détenait pendant la guerre avant d’en être dépossédé, Oscar Stettiner. Installé à Paris avant la guerre, ce galeriste britannique juif réputé avait trouvé refuge en Dordogne, où il avait pu se cacher et échapper à la déportation. Sa galerie avait cependant été saisie et vendue aux enchères par les Allemands, en juillet 1944. Le Modigliani, qui lui appartenait personnellement, avait alors été acheté pour 16 000 francs par un marchand d’art néerlandais qui, malgré un jugement du tribunal du département de la Seine en 1946, refusa de le restituer, prétendant ne plus le posséder, avant de le cacher pendant des années. En 1948, Oscar Stettiner meurt, à l’âge de 70 ans, sans avoir jamais revu son tableau. Celui-ci est revendu, passe de mains en mains jusqu’à son acquisition par David Nahmad (dont la collection d’œuvres d’art dépasse les 3 milliards d’euros) en 1996. Une errance qui devrait enfin s’achever.

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Source:

www.lemonde.fr