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Un policier de l’Office anti-stupéfiants jugé pour des pratiques litigieuses auprès d’un « indic »

« Quand vous ne savez pas pourquoi votre source a besoin des infos que vous lui avez données, alors vous devenez la source de votre source. » Pour la substitut du procureur, Quitterie Cesari, ce sont « des faits d’une grande gravité » qui ont réuni la 11e chambre correctionnelle devant le tribunal de Paris, lundi 13 avril.

Le brigadier-chef P., en poste à l’Office anti-stupéfiants (Ofast), comparaissait pour « corruption passive », « détournement de fichiers de police » et « violation du secret professionnel ». Sur la base d’un dossier « filandreux » et « complexe », selon le président du tribunal, Pierre Jeanjean, la magistrate du parquet a requis une lourde sanction de trois ans d’emprisonnement, dont un ferme aménagé sous bracelet électronique, assortis d’une amende de 30 000 euros et d’une interdiction définitive d’exercer.

Au cœur du dossier, encore une fois, un outil incontournable des services de lutte contre le trafic de stupéfiants, panacée autant que malédiction : les « indics ». P., 46 ans, en a géré des dizaines, d’abord à la brigade anticriminalité du 18e arrondissement de Paris, puis à la prestigieuse brigade des « stups », avant d’en amener certains, à partir de 2022, au pôle renseignement de l’Ofast.

Financement des travaux de sa maison

C’est l’un de ces derniers, Ahmed (les noms des indicateurs ont été changés), qui s’est présenté en mars 2025 à la police des polices, l’IGPN, pour le dénoncer. Radié du fichier des sources en 2023, cet Algérien accuse son ancien officier traitant d’avoir été corrompu. Par qui ? Par lui-même. Il a d’ailleurs été condamné en 2025 sur reconnaissance préalable de culpabilité à deux ans de prison avec sursis pour corruption active. Il s’estime également victime du policier, à cause de qui il serait désormais identifié par ses pairs comme une « balance », et donc en danger de mort.

C’est en 2017 que le policier rencontre Ahmed, par un collègue. Il est alors un « patron » du deal dans le quartier de la Goutte-d’Or, dans le 18e, et va transmettre des informations au brigadier-chef P., alors encore en poste aux « stups ». Ils reconnaissent tous deux avoir ainsi bouclé quatre belles affaires en trois ans, rapportant à l’informateur une vingtaine de milliers d’euros de l’administration.

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Source:

www.lemonde.fr