Surveillance des droits de l’homme a lancé vendredi un avertissement selon lequel les irrégularités croissantes, les ingérences politiques et les pressions sécuritaires menacent de compromettre la crédibilité et le caractère inclusif des prochaines élections générales en République centrafricaine (RCA), prévues le 28 décembre.
L’avertissement intervient sur fond de manœuvres politiques en RCA. Lors d’un référendum constitutionnel de 2023, la limitation du nombre de mandats présidentiels a été abolie, ce qui a permis au président sortant Faustin-Archange Touadéra de briguer un troisième mandat consécutif. Les changements apportés par la révision constitutionnelle de 2023 ont suscité de nombreuses critiques de la part des partis d’opposition, à qui il a été interdit de manifester contre le référendum et la nouvelle constitution.
Ce n’est que ces dernières semaines que deux personnalités de l’opposition autrefois interdites, les anciens premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra, ont été réintégrés comme candidats. Bien qu’il s’agisse d’une évolution positive, HRW observe que les manœuvres administratives persistantes continuent de désavantager les challengers.
En outre, HRW a émis de sérieux doutes quant à la préparation logistique et à l’impartialité du processus électoral. Selon l’organisation, l’Autorité nationale des élections (ANE) semble souffrir des listes électorales incomplètes, un personnel électoral insuffisamment formé, des problèmes de chaîne d’approvisionnement et une faible capacité, en particulier dans les zones rurales. Le pays n’a pas organisé d’élections locales pleinement opérationnelles depuis une décennie, et les précédents scrutins nationaux se sont déroulés sous d’intenses pressions sécuritaires et une forte implication internationale. Cela pourrait désavantager de manière disproportionnée les électeurs en dehors de la capitale et augmenter le risque que la participation soit biaisée en faveur des zones urbaines ou alignées sur le gouvernement.
L’ONU a répété à plusieurs reprises mis en garde que le dialogue politique reste fragile, avec des groupes armés contrôlant de vastes zones en dehors de Bangui et des institutions étatiques ayant du mal à opérer au-delà de la capitale.
À ces échecs institutionnels s’ajoute la détérioration de la sécurité dans la région. Le conflit de longue date entre les forces gouvernementales et les groupes armés continue de menacer la sécurité des civils et de les déplacer, limitant ainsi leur capacité à exercer leur droit de vote en toute sécurité. Des acteurs de la société civile, des journalistes et des membres de l’opposition seraient victimes de harcèlement et d’intimidation.
Par ailleurs, alors que le pays se prépare à ces élections, le retrait de certaines parties de la MINUSCA (la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RCA), qui ont souvent joué un rôle vital dans la logistique et la surveillance des élections, soulève de nouvelles inquiétudes quant à la crédibilité et à la sécurité des élections.
Des partenaires et observateurs internationaux ont été exhorté surveiller de près les élections et reconsidérer le retrait des forces internationales de maintien de la paix.
















