― ANNONCE PUBLICITAIRE ―

spot_img
AccueilEn VedetteUn groupe de défense des droits de l'homme s'inquiète du fait que...

Un groupe de défense des droits de l’homme s’inquiète du fait que la Chine cible les citoyens taïwanais indépendantistes – JURIST

Human Rights Watch a déclaré vendredi que le gouvernement chinois enquêtait sur le législateur taïwanais Puma Shen Pao-Yang (沈伯洋) pour crime de « séparatisme », violation de ses droits humains fondamentaux.

Cette annonce marque la première application connue des directives judiciaires chinoises récemment publiées ciblant les « séparatistes indépendantistes de Taiwan », ce qui représente une escalade significative de la pression légale exercée par Pékin sur les citoyens taïwanais. L’enquête, ouverte par le Bureau municipal de la sécurité publique de Chongqing, vise Shen pour son rôle dans la co-fondation de l’Académie Kuma, que les autorités chinoises qualifient d’« organisation séparatiste pro-indépendance taïwanaise ».

Depuis la guerre civile chinoise, la Chine affirme son « principe d’une seule Chine », revendiquant la souveraineté sur Taiwan bien qu’elle ne l’ait jamais gouvernée. Taiwan s’est développée comme une démocratie distincte et autonome dotée de son propre système juridique et de ses propres institutions politiques. Cette enquête représente les efforts de Pékin pour étendre sa juridiction légale à Taiwan.

L’enquête suit la tendance de la Chine à exercer une pression croissante sur les personnalités taïwanaises. En octobre 2024, la Chine a imposé des sanctions à Shen, lui a interdit, ainsi qu’à sa famille, d’entrer en Chine, puis a ciblé l’entreprise de son père. Shen rejoint désormais une liste croissante de personnalités taïwanaises désignées comme des « éléments irréductibles pro-indépendance de Taiwan ». Maya Wang, directrice associée pour l’Asie à Human Rights Watch, a déclaré :

L’enquête du gouvernement chinois sur Puma Shen reflète les efforts croissants visant à intimider les Taïwanais afin qu’ils exercent leurs droits par l’application transfrontalière de lois chinoises abusives. Pékin va au-delà de ses frontières et cherche à déclarer certains discours et activités licites interdits au peuple taïwanais.

L’action en justice contre Shen fait suite à d’autres affaires très médiatisées impliquant des citoyens taïwanais. En août 2024, les autorités chinoises ont condamné le militant taïwanais Yang Chih-yuan à neuf ans de prison pour « séparatisme », tandis qu’en février 2025, l’éditeur taïwanais Li Yanhe a été condamné à trois ans de prison pour « incitation à la sécession » pour avoir publié des livres à Taïwan.

Par conséquent, le gouvernement chinois estime que Shen et d’autres citoyens taïwanais sont responsables, en vertu du droit pénal chinois, des activités politiques menées à Taiwan. Cela représente une affirmation de compétence extraterritoriale qui, selon les experts juridiques, contredit les normes du droit international.

L’enquête, bien qu’elle représente une escalade significative, se heurte à des limites pratiques. Puisque Shen réside à Taiwan, tout procès se déroulerait probablement en son absence. Toutefois, les accusations entraînent de graves conséquences, notamment la peine de mort pour des crimes « particulièrement graves » et le risque d’extradition vers des pays tiers.

Même si la Chine revendique l’autorité légale pour engager des poursuites dans les affaires impliquant des citoyens taïwanais, cette approche a suscité des critiques internationales et pourrait compliquer davantage les relations entre les deux rives. La réponse internationale à ces actions en justice et leur impact sur la stabilité régionale restent à voir.

Source link