On distingue les troubles unipolaires et les troubles bipolaires : « les premiers correspondent à ce que l’on pourrait plus communément appeler ‘dépression’. Ils sont à distinguer des troubles bipolaires, anciennement appelés ‘maladie maniaco-dépressive’ », explique un article de la Fondation pour la Recherche Médicale (source 1).
« Cette affection, qui concerne environ 3 % de la population, se caractérise par une alternance de phases dépressives et de phases d’exaltation avec hyperactivité », entrecoupées d’intervalles libres (où la personne est dans un état normal), « ce qui explique les retards diagnostiques fréquents dans cette pathologie ».
Le traitement de ces troubles est différent : la bipolarité requiert des stabilisateurs de l’humeur « tandis que le trouble unipolaire se soigne d’abord avec des antidépresseurs ». C’est pourquoi il est primordial de poser le bon diagnostic. Voici quelques signes qui peuvent vous aider.
Comment savoir si on est bipolaire : 5 symptômes à connaître
Une dépression occasionnelle
La dépression traversée par les personnes bipolaires est la même que celle vécue par les personnes dépressives. Les problèmes de manque d’appétit, baisse d’énergie, apathie, fatigue, sommeil et concentration ne peuvent pas se différencier. Mais le fait que cette dépression soit périodique, et alternée avec des phases d’énergie appelées « phases maniaques » est le signe le plus important à prendre en compte. Le diagnostic est particulièrement important pour trouver le traitement adapté, qui n’est pas le même pour les personnes dépressives et celles bipolaires.
La super bonne humeur
Difficile de voir la bonne humeur en tant que symptôme, mais lorsqu’elle est combinée à d’autres comportements, elle peut devenir un indicateur de trouble bipolaire. L’excitation est tellement extrême que la personne parle très vite et peut passer parfois plusieurs jours sans dormir, mais se sentir en forme malgré tout.
Les problèmes de concentration
Une tendance continue à la distraction, à passer d’une tâche à l’autre sans jamais les mener à bout et avoir du mal à terminer un projet de façon générale peut être associée à une période de stress. Mais si cette distraction empêche de travailler et interfère dans les relations personnelles, elle peut signifier la présence d’un trouble bipolaire.
Une irritabilité excessive
S’énerver lorsqu’une personne nous coupe la route en voiture n’est pas vraiment inquiétant, mais lorsque la réaction de colère prend des proportions exagérées et qu’elle dure pendant des heures, elle peut vouloir dire autre chose.
La consommation de drogue et d’alcool
Les personnes qui souffrent de troubles de bipolarité courent plus de risques de tomber dans la consommation de drogue et d’alcool, rappelle le site américain Reader’s digest. Ces substances peuvent les aider à se calmer pendant la phase maniaque et à les réveiller en phase dépressive.
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Quelles sont les différentes phases du trouble bipolaire ?
En phase dépressive, le malade montre tous les symptômes d’une dépression majeure ;
En phase maniaque, il est dans un état euphorique, enthousiaste et/ou irritable. Ses besoins de sommeil sont réduits. Il est en hyperactivité physique, sexuelle, sociale… L’individu se montre très sûr de lui ; il est volubile et se croit capable de tout réussir. Quand cette dernière phase est moins intense, on parle d’hypomanie.
Les épisodes maniaques (ou hypomaniaques) et dépressifs se succèdent ainsi au cours de la vie.
La maladie débute le plus souvent à la fin de l’adolescence, entre 15 et 19 ans.
Causes : à quoi est dû la maniaco-dépression ?
La maladie fait partie des troubles psychotiques. Ce trouble provoqué par des dysfonctionnements biologiques cérébraux aurait des origines génétiques. Il n’est pas nécessairement héréditaire, mais il existe des prédispositions familiales. Les événements pénibles de la vie, particulièrement les chocs vécus dans l’enfance, peuvent déclencher ou aggraver la maladie chez les personnes prédisposées.
Quelles sont les conséquences du trouble bipolaire ?
En phase maniaque : l’individu peut être amené à adopter des comportements dangereux pour son intégrité physique (conduite en excès de vitesse, relations sexuelles hasardeuses et sans protection…), et socialement problématiques : agressivité au travail avec un risque de perte d’emploi ; dépenses compulsives et inconsidérées ; investissements financiers hasardeux ; addiction au jeu… ;
En phase dépressive : on retrouve tous les symptômes de souffrance dépressive avec un risque suicidaire très marqué. Un malade sur deux fera ainsi au moins une tentative de suicide dans sa vie.
Enfin, la maladie est vraiment éprouvante pour les proches qui doivent supporter les phases de manie au cours desquelles l’individu refuse tout conseil de modération (risques de surendettement…), voire se montre irritable ou agressif ; puis les phases de dépression qui se vivent dans l’abattement et l’incapacité d’agir au quotidien.
Le trouble bipolaire est souvent associé à un trouble anxieux et entraîne parfois une addiction à l’alcool (qui peut masquer la maladie et compliquer le diagnostic).
Comment diagnostiquer le trouble bipolaire ?
Le diagnostic est souvent posé tardivement (au bout de 9 ans en moyenne), car il faut plusieurs mois, voire plusieurs années, avant que la succession des cycles soit perceptible.
C’est souvent un épisode maniaque aigu (qui impose une hospitalisation temporaire) qui permet de le poser. Le diagnostic est plus difficile quand les phases hypomaniaques se signalent juste par un léger état d’euphorie. Dans ce cas, le malade peut être perçu à tort comme dépressif ou alcoolique.
« Le médecin détermine si la personne présente un épisode maniaque ou dépressif afin de pouvoir lui administrer le traitement qui convient. Il évalue également la personne à la recherche d’autres troubles mentaux », indique un article du MSD Manuals (source 2). Cependant, le médecin traitant, souvent le premier interlocuteur, ne voit le malade qu’occasionnellement (et plutôt en phase dépressive), et n’est pas forcément en situation de constater les variations de l’humeur. Le malade lui-même, quand il est en phase euphorique, ne se perçoit pas comme tel : il se sent en pleine forme !
C’est souvent l’entourage qui sonne l’alarme. Les proches doivent être particulièrement attentifs aux changements de comportement d’un adolescent ou d’un jeune adulte : repli sur soi, décrochage scolaire, conduites à risque…
En vidéo : le témoignage d’un patient rétabli de troubles bipolaires
Source:
www.santemagazine.fr


