Le gouvernement militaire guinéen a publié samedi un décret entraînant la suspension temporaire des trois principaux partis d’opposition du pays, alléguant non-respect des exigences mandatées par la charte guinée des partis politiques.
Le décret stipule que l’Union des parties des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le rassemblement du peuple guinéen (RPG) et le Parti de renouvellement et de progrès (PRP) sont suspendus pendant une période de 90 jours. Au cours de cette période, aucune des parties n’est autorisée à mener des activités politiques, à organiser des réunions ou des manifestations, constituant une interdiction générale complète de leurs activités. Le non-respect du décret pourrait entraîner des accusations criminelles, comme annoncé par le ministère de l’Intérieur.
Le moment est particulièrement préoccupant de la répression du gouvernement militaire contre les parties. Le 1er avril, le chef du gouvernement militaire, le général Mamadi Doumbouya, a annoncé qu’un référendum constitutionnel, destiné à marquer le retour au régime civil dans le pays, se déroulerait entre le 21 août et le 18 septembre. Les partis d’opposition, y compris l’UFDG, se sont prononcés contre le nouveau projet de constitution. En particulier, Souleymane Konate, coordinatrice de la communication de l’UFDG, a dénoncé le projet, affirmant que cela entraînerait une continuation du règne actuel du gouvernement militaire sous le général Doumbouya. Selon Konate, «aucun débat sérieux sur le contenu du texte constitutionnel [is being] proposé aux Guinéens. »
Le ratio officiel et la raison judiciaire de la suspension sont non conformes à la charte guinée des partis politiques, qui sous l’art. 28 prévoit que le ministre de l’Intérieur peut suspendre toute partie qui n’informe pas le ministère des changements dans la gestion du parti, ne détient pas les conventions et ne respecte pas les exigences financières de la tenue d’un compte bancaire national, ainsi que de publier des états financiers, sur demande au ministère.
Le décret fait référence particulièrement au rapport d’évaluation des partis politiques, publié le 14 mars, qui avait déjà entraîné la dissolution de 27 partis, et la suspension antérieure du RPG, le parti de l’ancien, président évincé Alpha Conde. De même, à la suite du rapport de mars, le parti de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, UFDG, avait reçu 45 jours pour tenir une convention de parti et est maintenant suspendu pour non-conformité à ce dernier.
Les trois parties ont reçu une période de trois mois pour «corriger les défauts» conformément aux dispositions de la Charte. Un réexamen «par les services compétents» doit être effectué après cette période. La Charte prévoit que les parties peuvent être dissoutes au cas où le ministre de l’Intérieur conclut que les irrégularités présumées sont toujours présentes. Les actions gouvernementales pourraient cependant être interrompues à la Cour suprême de Guinée.
Actuellement, l’UFDG a déjà demandé un examen judiciaire à la Cour suprême. Avec une décision attendue le 28 août, un porte-parole de l’UFDG a déclaré que «[they] Attendez-vous à ce que la Cour suprême déclare dans sa décision selon laquelle le ministre est allé au-delà de son mandat. Il ne s’agit pas d’interférer dans le fonctionnement des partis politiques. Nous nous attendons à ce que la Cour suprême vous rappelle à M. Monsieur le ministre ».

