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Secrets d’atelier : les trésors antiques du musée du Louvre inspirent une nouvelle collection de montres à la plus ancienne manufacture horlogère au monde

Il y a quelque chose de vertigineux dans l’idée de porter l’Égypte ancienne, la Mésopotamie, la Grèce et la Rome antiques à son poignet. C’est pourtant le défi que s’est fixé Vacheron Constantin pour cette deuxième collaboration avec le musée du Louvre, après la première série lancée en 2022 : quatre cadrans de montrede la collection « Métiers d’Art – Hommage aux Grandes Civilisations », quatre œuvres antiques réinterprétées par des artisans d’exception, neuf techniques décoratives mobilisées, dont, pour la première fois, la glyptique sur pierre naturelle.

Le temps des civilisations

Directrice Produit et Innovation chez Vacheron Constantin, Sandrine Donguy a piloté le développement de cette collection. Elle décrit une collaboration sans concession avec les spécialistes du plus grand musée du monde :« Ce projet ambitieux a été réalisé grâce à une collaboration étroite avec les experts du Louvre, notamment les directeurs de département, garantissant à la fois une exactitude historique et une intégrité artistique dans chaque détail. » Une année entière a été consacrée à la seule sélection des œuvres, avant même que le moindre outil ne soit pris en main.

Pour la montre consacrée à l’empire assyrien, les équipes de Vacheron Constantin ont choisi de représenter un Lamassu, ces figures ailées à tête humaine placées autrefois aux portes du palais et de la ville de Sargon II, roi d’Assyrie, dans le nord de l’actuel Irak, et aujourd’hui conservées au sein du département des Antiquités orientales du Louvre. © Vacheron Constantin

Pour la montre consacrée à l’empire assyrien, les équipes de Vacheron Constantin ont choisi de représenter un Lamassu, ces figures ailées à tête humaine placées autrefois aux portes du palais et de la ville de Sargon II, roi d’Assyrie, dans le nord de l’actuel Irak, et aujourd’hui conservées au sein du département des Antiquités orientales du Louvre. © Vacheron Constantin

Ce travail en amont débouche parfois sur des décisions artistiques qui surprennent. Pour le Buste d’Akhenaton – fragment colossal représentant le souverain égyptien dont le règne bouleversa les codes religieux et artistiques de son époque –, la manufacture a choisi de rompre avec la frontalité habituelle de la sculpture.« S’il est usuellement présenté de face, nous avons préféré son profil de biais », raconte Sandrine Donguy. Une liberté liée à la contrainte imposée par le support, validée par les équipes du musée du Louvre.

La montre où figure le profil d’Akhenaton a nécessité le concours de plusieurs métiers d’art : l’effigie centrale, sculptée dans du grès calcaire en provenance du Sinaï d’Égypte, est entourée de deux frises : l’une gravée à la pointe sèche sur un anneau de turquoise d’un seul tenant, l’autre en champlevé de pierres où les composants s’insèrent dans un motif en filets d’or minutieusement gravés en creux. © Vacheron ConstantinLa montre où figure le profil d’Akhenaton a nécessité le concours de plusieurs métiers d’art : l’effigie centrale, sculptée dans du grès calcaire en provenance du Sinaï d’Égypte, est entourée de deux frises : l’une gravée à la pointe sèche sur un anneau de turquoise d’un seul tenant, l’autre en champlevé de pierres où les composants s’insèrent dans un motif en filets d’or minutieusement gravés en creux. © Vacheron Constantin

La montre où figure le profil d’Akhenaton a nécessité le concours de plusieurs métiers d’art : l’effigie centrale, sculptée dans du grès calcaire en provenance du Sinaï d’Égypte, est entourée de deux frises, l’une gravée à la pointe sèche sur un anneau de turquoise d’un seul tenant, l’autre en champlevé de pierres où les composants s’insèrent dans un motif en filets d’or minutieusement gravés en creux. © Vacheron Constantin

Les trois autres pièces témoignent du même engagement. Sur le cadran consacré à la Mésopotamie, le Lamassu de Sargon II – un être fantastique venu garder les portes du palais royal de Dûr-Sharrukin au VIIIe siècle avant notre ère – se détache sur un fond de pierres en champlevé aux rouges profonds et aux bleus sourds, dont la tension chromatique rappelle la démesure des décors palatiaux assyriens.

Travail de pierres en champlevé sur le cadran de la montre rendant hommage à l’empire assyrien – une technique inspirée de l’émaillage qui consiste à insérer de minuscules tesselles (ici des baguettes d’agate rouge et de dumortiérite bleue) dans un canevas délimité par gravure dans la matière. © Vacheron Constantin Travail de pierres en champlevé sur le cadran de la montre rendant hommage à l’empire assyrien – une technique inspirée de l’émaillage qui consiste à insérer de minuscules tesselles (ici des baguettes d’agate rouge et de dumortiérite bleue) dans un canevas délimité par gravure dans la matière. © Vacheron Constantin

Travail de pierres en champlevé sur le cadran de la montre rendant hommage à l’empire assyrien – une technique inspirée de l’émaillage qui consiste à insérer de minuscules tesselles (ici des baguettes d’agate rouge et de dumortiérite bleue) dans un canevas délimité par gravure dans la matière. © Vacheron Constantin

Pour Rome, c’est une figure allongeant le bras vers une corne d’abondance qui occupe le centre du cadran : le Tibre personnifié, sculpté dans un marbre veiné d’Italie, entouré d’une mosaïque de 1 660 éclats de pierre soigneusement assemblés. La Grèce, enfin, s’incarne dans un profil de guerrière casquée, l’Athéna de Velletri, taillée dans le marbre blanc de Thassos, dont la sévérité est adoucie par un fond en marqueterie de pierres noires et ocre, peintes à la main, représentant une scène équestre.

Travail de micro-mosaïque sur l’applique destinée à la montre hommage à la Rome impériale : inspirée d’une mosaïque datant de la fin du 2e siècle de notre ère découverte à Utique (actuelle Tunisie), son décor floral est recomposé à l’aide de milliers de fragments de pierre de jaspe, de chrysocolle et d’opaline. © Vacheron Constantin Travail de micro-mosaïque sur l’applique destinée à la montre hommage à la Rome impériale : inspirée d’une mosaïque datant de la fin du 2e siècle de notre ère découverte à Utique (actuelle Tunisie), son décor floral est recomposé à l’aide de milliers de fragments de pierre de jaspe, de chrysocolle et d’opaline. © Vacheron Constantin

Travail de micro-mosaïque sur l’applique destinée à la montre hommage à la Rome impériale : inspirée d’une mosaïque datant de la fin du IIe siècle de notre ère découverte à Utique (actuelle Tunisie), son décor floral est recomposé à l’aide de milliers de fragments de pierre de jaspe, de chrysocolle et d’opaline. © Vacheron Constantin

La glyptique pour prolonger l’histoire des chefs-d’œuvre antiques

Pour transposer ces monuments sur quelques centimètres carrés, neuf métiers d’art ont été mis à contribution. Parmi eux, la glyptique sur pierre naturelle – l’art de sculpter directement dans la matière minérale brute, sans intermédiaire – que Sandrine Donguy décrit comme« une première pour Vacheron Constantin, repoussant ainsi les frontières de l’artisanat traditionnel et de l’expression artistique. » Chaque cadran se construit en trois ou quatre couches superposées, mobilisant entre 120 et 220 heures de travail selon la pièce.

L’effigie centrale de chaque montre est réalisée en glyptique sur pierre, une technique de taille - de pierre, consistant à graver ou sculpter celle-ci en relief, traditionnellement utilisée pour la création de camées. © Vacheron ConstantinL’effigie centrale de chaque montre est réalisée en glyptique sur pierre, une technique de taille - de pierre, consistant à graver ou sculpter celle-ci en relief, traditionnellement utilisée pour la création de camées. © Vacheron Constantin

L’effigie centrale de chaque montre est réalisée en glyptique sur pierre, une technique de taille de pierre, consistant à graver ou sculpter celle-ci en relief, traditionnellement utilisée pour la création de camées. © Vacheron Constantin

Enfin, la manufacture a procédé à un choix aussi inédit que symbolique : les pierres qui composent chaque cadran partagent la même origine géologique, et parfois la même provenance géographique, que celle des œuvres antiques qu’elles reproduisent en miniature – du grès calcaire extrait du Sinaï pour le buste millénaire d’Akhenaton ; du marbre des carrières de Paros pour l’Athéna de Velletri et de Thassos pour le cadran où elle est représentée, deux d’îles de la mer Égée.

La lisibilité comme ultime défi

Une telle richesse décorative posait inévitablement la question de la lisibilité. La réponse réside dans un mouvement sans aiguilles, dont la conception libère intégralement la surface du cadran. Comme l’explique Sandrine Donguy :« L’heure, les minutes, le jour de la semaine et la date sont affichés à travers quatre guichets périphériques, assurant une lisibilité optimale tout en permettant aux riches métiers d’art décoratifs d’occuper le devant de la scène. » 

Envers du cadran avec la masse oscillante en or gravée d’après une lithographie du XVIIIe siècle représentant la façade Est du Louvre. © Vacheron Constantin Envers du cadran avec la masse oscillante en or gravée d’après une lithographie du XVIIIe siècle représentant la façade Est du Louvre. © Vacheron Constantin

Envers du cadran avec la masse oscillante en or gravée d’après une lithographie du XVIIIe siècle représentant la façade Est du Louvre. © Vacheron Constantin

Au revers, un rotor (ou masse oscillante) gravé rend hommage au Louvre à travers une vue de sa façade inspirée d’une lithographie du XVIIIe siècle, discret rappel du partenariat qui unit les deux institutions depuis 2019. Produites à quinze exemplaires par civilisation, ces montres sont chacune accompagnées d’un certificat signé par le Louvre. Elles peuvent être acquises séparément ou rassemblées dans un coffret en bois à marqueterie, imaginé comme un cabinet de curiosités de poche. Quatre civilisations, quatre cadrans : certaines beautés traversent les millénaires sans perdre une seconde.

Montre Lamassu de Sargon II, collection « Métiers d’art - hommage aux grandes civilisations ». © Vacheron ConstantinMontre Lamassu de Sargon II, collection « Métiers d’art - hommage aux grandes civilisations ». © Vacheron Constantin

Montre Lamassu de Sargon II, collection « Métiers d’art – hommage aux grandes civilisations ». © Vacheron Constantin

Aujourd’hui, des métiers d’art séculaires deviennent des métiers rares !« Connaissance des Arts » défend depuis dix ans ces métiers souvent méconnus, au carrefour de la main et de l’esprit, de l’artisanat d’art et de la création.Il devient aujourd’hui nécessaire de se mobiliser pour que les artisans d’art soient reconnus comme de véritables créateurs et que soient mis en œuvre les moyens nécessaires à la transmission et à la pérennisation de leurs savoir faire.


Source:

www.connaissancedesarts.com